Ecoutes, gĂ©olocalisation, recueil de donnĂ©es: deux dĂ©crets parus vendredi au journal officiel donnent Ă  l’administration pĂ©nitentiaire accès Ă  de nouveaux outils de renseignement pour lutter contre le terrorisme et prĂ©venir les projets d’Ă©vasion.
Ces deux décrets découlent notamment de la loi de 2016 contre le crime organisé et le terrorisme qui a fait entrer les services pénitentiaires dans le second cercle du renseignement français. Ils se fondent également sur des textes régissant la sécurité pénitentiaire qui vise à prévenir les évasions, à maintenir la sécurité et le bon ordre des établissements.

Sur ces deux fondements, des agents pénitentiaires désignés pourront désormais et sous conditions recourir à certaines techniques de renseignement.

Des Ă©coutes Ă  titre exceptionnel
Parmi ces techniques figurent le recueil de donnĂ©es de connexion (les fadettes), la gĂ©olocalisation, le balisage et les Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques de tĂ©lĂ©phones fixes mis Ă  disposition des dĂ©tenus mais aussi des tĂ©lĂ©phones portables introduits illĂ©galement dans les cellules, notamment Ă  l’aide d’IMSI catcher qui simule une fausse antenne relais.
Ces techniques de renseignement permettront aussi Ă  l’administration pĂ©nitentiaire de pister d’Ă©ventuelles connexions sauvages sur les ordinateurs mis Ă  la disposition des dĂ©tenus mais dont l’accès Ă  internet est inexistant ou très limitĂ©.
Les Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques ne seront permises que dans le cadre de la prĂ©vention de la lutte contre le terrorisme, pour Ă©viter un passage Ă  l’acte imminent et avec une durĂ©e d’intervention limitĂ©e Ă  48 heures, a prĂ©cisĂ© la Chancellerie Ă  l’AFP en insistant sur le caractère exceptionnel de cette procĂ©dure.
Le nombre des outils autorisés sera plus important dans les dossiers de lutte contre le terrorisme ou de criminalité organisée que pour la prévention des évasions, a-t-on précisé de même source.
Insécurité pour les personnels ?
Seuls certains services seront habilitĂ©s Ă  utiliser ces techniques. Il s’agit des agents du bureau central, des cellules interrĂ©gionales et des dĂ©lĂ©gations locales du renseignement pĂ©nitentiaire, prĂ©cise l’un des dĂ©crets. Un rĂ©seau qui aujourd’hui reprĂ©sente entre 300 et 400 personnes mĂŞme si toutes ne seront pas habilitĂ©es Ă  terme Ă  utiliser l’ensemble des nouveaux outils.
« La mise ne oeuvre de ces nouvelles pratiques ne peut que rompre le lien de confiance avec les personnes prises en charge », a dénoncé dans un communiqué la CGT insertion et probation pour qui les personnels « vont se retrouver dans une insécurité professionnelle qui ne peut que les mettre en danger à terme ».
Ouest-France

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