Toutes les semaines, Me Elise Arfi se rend en prison pour rencontrer ses clients. Mais, ce lundi après-midi, en se présentant à Fresnes (Val-de-Marne), cette avocate du barreau de Paris a été obligée d’enlever son soutien-gorge pour pénétrer dans un établissement.Malgré les excuses que lui a ensuite présentées le directeur de la maison d’arrêt, la pénaliste digère mal cet épisode désobligeant. «C’était très humiliant», souffle-t-elle. De son côté, l’administration pénitentiaire ne fait pas la même présentation de cet incident et affirme que «les règles ont été respectées à la lettre».

 Â«Quand je suis passĂ©e au portique, l’appareil a sonnĂ©, raconte l’avocate. Je me suis dĂ©barrassĂ©e de tout, y compris de mes chaussures. Comme ça continuait Ă  sonner, il est devenu Ă©vident que c’était Ă  cause de l’armature mĂ©tallique de mon soutien-gorge.» C’est ici que les versions divergent.

«Les surveillants ont sollicitĂ© une de leur collègue femme pour qu’elle procède Ă  une palpation. Elle a constatĂ© que je ne portais rien de suspect, dĂ©veloppe Me Arfi. Quand je suis repassĂ©e sous le portique – qui s’est par nature remis Ă  sonner – l’un des surveillants s’est encore opposĂ© Ă  mon entrĂ©e. Quand je lui ai demandĂ© si je devais enlever mon soutien-gorge, il m’a dit que c’était Ă  moi de voir… » De guerre lasse, l’avocate se dĂ©barrasse de son soutien-gorge dans la rue et pĂ©nètre enfin dans l’établissement.
 Du cĂ´tĂ© de l’administration pĂ©nitentiaire, on soutient que Me Arfi a d’abord fait l’objet d’une dĂ©tection avec un appareil manuel – ce qu’elle conteste. «C’est alors qu’elle s’est Ă©nervĂ©e et qu’elle a retirĂ© d’elle-mĂŞme son soutien-gorge en refusant de procĂ©der Ă  la palpation, avance l’administration. Il n’y a donc eu aucun Ă©cart Ă  la règle.»

Si Me Arfi ne conteste pas que l’épisode l’a passablement agacé, elle affirme avoir bel et bien satisfait à la palpation. «En apprenant ce qui m’était arrivé, la surveillante qui avait procédé à l’acte est même venue me voir, elle était embêtée», ajoute la pénaliste. En revanche personne ne conteste que le directeur de la maison d’arrêt a ensuite reçu l’avocate «pour s’excuser des désagréments», dixit l’administration pénitentiaire. Me Arfi a d’ores et déjà alerté le conseil de l’ordre de son barreau.

Le Parisien