La chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmĂ© mercredi le placement sous contrĂ´le judiciaire de deux policiers marseillais mis en examen pour avoir tentĂ© de remettre trois tĂ©lĂ©phones portables Ă  deux dĂ©tenus de la prison des Baumettes. Contrairement au parquet de Marseille, qui avait fait appel en vue d’obtenir leur placement en dĂ©tention provisoire, le parquet gĂ©nĂ©ral d’Aix-en-Provence a requis le maintien sous contrĂ´le judiciaire des deux hommes, un gardien de la paix et un adjoint de sĂ©curitĂ© (ADS), Ă©voquant notamment le risque encouru en prison par des policiers qui, par leurs fonctions, ont cĂ´toyĂ© un grand nombre de dĂ©tenus.

En novembre 2016, sur la base d’un renseignement Ă©voquant un trafic de produits stupĂ©fiants, de tĂ©lĂ©phones et de couteaux remis Ă  des dĂ©tenus via les toilettes des geĂ´les du palais de justice de Marseille, une surveillance Ă©tait mise en place. Elle permettait, le 2 dĂ©cembre 2016, de saisir des paquets contenant trois tĂ©lĂ©phones portables dissimulĂ©s derrière la poubelle des toilettes rĂ©servĂ©es aux dĂ©tenus. Un adjoint de sĂ©curitĂ© venait d’en sortir alors que les policiers disposent de leurs propres sanitaires.

L’exploitation d’ADN sur les paquets et les tĂ©lĂ©phones conduisait Ă  l’identification des compagnes de deux dĂ©tenus des Baumettes dont l’une Ă©tait en relation tĂ©lĂ©phonique avec le gardien de la paix, ancien policier de l’unitĂ© de garde et de transferts judiciaires en poste dans les geĂ´les du palais de justice de septembre 2012 Ă  dĂ©cembre 2015. 

Lorsqu’ils sont transfĂ©rĂ©s des Baumettes au palais de justice pour ĂŞtre jugĂ©s ou comparaĂ®tre devant un juge d’instruction, les dĂ©tenus extraits ne sont pas fouillĂ©s, tant Ă  l’arrivĂ©e qu’au dĂ©part.

Le gardien de la paix a reconnu avoir eu une relation intime avec la compagne d’un membre du banditisme marseillais, dont il ignorait qu’elle frĂ©quentait un malfaiteur. 

Devant la cour d’appel, Me Karim Bouguessa, son dĂ©fenseur, a soulignĂ© que, pour celui-ci, il ne s’agissait que de faire passer de la nourriture. Il assure n’avoir dĂ©couvert les tĂ©lĂ©phones qu’au moment de les remettre Ă  son collègue ADS, affectĂ© aux geĂ´les du palais de justice. Ce dernier a pour sa part Ă©voquĂ© une rĂ©munĂ©ration de 300 euros.

Les deux hommes disent n’avoir ainsi agi qu’Ă  une seule reprise bien que, selon le gardien de la paix, l’ADS s’Ă©tait vantĂ© d’ĂŞtre « rĂ´dé » Ă  ce type de pratiques.

Le Parisien

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