Le retour de promenade ne s’est pas passĂ© comme prĂ©vu. Le 2 maidernier, peu après 15 heures, Azatullah Safi, Afghan de 27 ansactuellement incarcĂ©rĂ© Ă  la maison d’arrĂŞt, aurait dĂ» normalementregagner sa cellule sans faire de vague. Mais le dĂ©tenu traĂ®ne dansles coursives, regarde Ă  travers l’œilleton des portes de cellule…Pas du goĂ»t du surveillant qui l’accompagne qui lui intime l’ordred’entrer dans sa cellule.

« Ils étaient huit et ils me frappaient ! »
C’est Ă  partir de ce moment-lĂ  que la situation dĂ©gĂ©nère. Lesurveillant doit user de la force pour pousser Azatullah Safi dans sacellule, le dĂ©tenu sort de ses gonds, porte un coup Ă  la gorge dusurveillant et jette dans sa direction tout ce qui lui tombe sous lamain : une tĂ©lĂ©commande de tĂ©lĂ©, un bout de bois de près de trentecentimètres… Le bâton sur lequel sont gravĂ©es quelques lignes d’unpoème afghan atteint au visage une surveillante venue en renfort. Lesurveillant concernĂ© par la première altercation n’est pas en reste :en voulant maĂ®triser le dĂ©tenu, il se blesse Ă  l’épaule. Une entorsequi lui impose six jours d’incapacitĂ© totale de travail.

Azatullah Safi reconnaît les faits mais les minimise en évoquant desviolences des surveillants. « Ils étaient huit et ils me frappaient,dit-il. Ce que je veux, c’est la liberté ! » Condamné à deux ans deprison ferme en février 2016 pour avoir joué le rôle de passeur del’Afghanistan à la France en passant par l’Italie, il a laissé femmeet enfant dans son pays natal. « Il vit une situation dramatique,décrit Me Alban Deberdt, son avocat. Ce jour-là, on venait de luirefuser une remise de peine. » Il écope de six mois de prison. Six mois de plus.

La Voix du Nord