L’affaire du drone, retrouvé le 17 mars dernier en partie calciné dans une cour de la maison d’arrêt de Villefranche, restera un mystère. Dans le cadre de l’enquête pour « survol d’une zone interdite » qui a été ouverte par la sécurité publique du Rhône, deux Caladois et un Gleizéen, âgés entre 21 et 28 ans, ont bien été convoqués, ce mercredi, devant le tribunal correctionnel. Mais pour le simple motif d’une « communication non autorisée avec un détenu par une personne se trouvant à l’extérieur de l’établissement ». Autrement dit pour « parloir sauvage ».
Les suspects, tous déjà bien connus de la justice, ont été interpellés à leur domicile plusieurs jours après la constatation des faits. Les enquêteurs ont fait le rapprochement avec un contrôle d’identité effectué par la BAC (brigade anticriminalité) peu avant la découverte de l’appareil. Les images de la vidéosurveillance de la municipalité montrent, en effet, les trois individus mis en cause en train de regarder en l’air et de manipuler un objet entre leurs mains.
Aussi importants soient-ils, ces faisceaux de présomption ne se sont pas confirmés lors de la garde à vue des jeunes hommes, qui ont nié toute implication au sujet de la présence du drone. Alors que faisaient-ils, à 23 h 30, à proximité de la maison d’arrêt ? Selon leurs déclarations, ils marchaient depuis la porte de Belleville. Arrivés à hauteur de la prison, ils ont entendu crier un détenu et ils lui ont répondu en criant à leur tour. Une communication s’est également mise en place via la lumière de leurs téléphones portables. « Aucun d’eux n’était tactile », précise leur avocat, de façon à démontrer l’impossibilité matérielle pour ses clients de piloter un drone. Faute d’autres éléments à charge, les trois prévenus ont donc été jugés et condamnés pour « parloir sauvage » à 600 € d’amende.

Le Progres