«Vive Merah. Le message est tout de même très clair ! », martèle le procureur.
De l’autre côté de la barre, Alain M., 47 ans, est jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel du Havre pour six délits le 7 juillet. Notamment pour « apologie publique d’un acte de terrorisme ». Le détenu, originaire de Mazamet (Tarn), est dans la dénégation. À son casier judiciaire, s’entassent des condamnations qui sont essentiellement relatives à des outrages. Cela lui vaut une incarcération.
D’abord au centre pénitentiaire d’Annoueullin. Dans le Nord, le 11 juillet 2016, il promet à une surveillante qu’il va acheter un fusil. « Et dès que je sors, sur le Coran, je vais baiser vos mères et vos races. » L’homme n’a pas apprécié d’être « placé en quartier disciplinaire en plein ramadan ».
Par la suite, Alain M. est transféré à Rouen. « Mais ça ne s’est pas bien passé », admet le prévenu.
Il arrive ainsi au centre pénitentiaire de Saint-Aubin-Routot. Le 21 avril dernier, au lendemain de l’attentat sur les Champs-Élysées, il lance devant témoins : « J’espère qu’ils continueront et qu’il y en aura d’autres ».
Une personnalité prépsychotique
Sur les murs de sa cellule, Alain M. a écrit « Vive Merah », « Djihad ». Mais il promet que « ça n’a rien à voir avec les attentats ». Il a sa version.
On le dénoncerait parce qu’on lui en voudrait. « Je ne sors plus de ma cellule. Je suis dans ma bulle. On me menace. » Une surveillante l’accuse. « Sale pute, entre dans ma cellule et déshabille-toi », prononce le détenu qui veut « baiser » et « égorger » la femme. Le 3 mai, il dérape encore. « Je vais vous buter, comme mes frères musulmans. » Alain M. s’en prend au passage à une vitre et à l’interphone de sa cellule. Il n’avoue que les dégradations. « J’étais énervé. »
Selon les surveillants pénitentiaires, le détenu a « des comportements particuliers ». L’expert-psychiatre a retenu une personnalité prépsychotique. « C’est-à-dire qu’il y a des moments où vous n’êtes pas dans la réalité », précise la présidente.
Au fil de la procédure, Alain a évoqué un frère assassiné, avoir un temps vécu dans la rue, avoir traversé l’Europe à VTT. « C’est une personne en grande souffrance », résume son avocate, Me Valérie Lebon-Kergaravat en reprenant ainsi des mots de l’expert.
Reconnu coupable de l’ensemble des délits reprochés, le prévenu est condamné six mois de prison ferme supplémentaires. Les juges y ajoutent un suivi sociojudiciaire de trois ans avec une obligation de suivre des soins. Alain M. ne bronche pas.

Paris normandie

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