Le jeune homme a 25 ans. Il est incarcĂ©rĂ© Ă  la maison d’arrĂŞt du Gasquinoy jusqu’en 2021. Lors de l’audience du 14 juin, en comparution immĂ©diate, il avait demandĂ© un dĂ©lai afin de prĂ©parer son procès. Il devait rĂ©pondre d’actes commis le 31 mai dernier. Ă€ trois surveillants pĂ©nitentiaires, qui se sont portĂ©s partie civile, il leur a lancĂ© : « Bande de fils de p… », les a menacĂ©s de mort, mais aussi dĂ©tĂ©riorĂ© la porte d’une chambre du centre hospitalier de BĂ©ziers. Pour ces faits, le jeune homme est en rĂ©cidive.
Dix-sept condamnations depuis 2008
Ce jour-lĂ , il est conduit Ă  l’hĂ´pital pour y ĂŞtre soignĂ©. Victime de violences, il est placĂ© dans une chambre sĂ©curisĂ©e en attente de points de suture. C’est son impatience qui va le pousser Ă  l’invective et Ă  la violence. Il a reconnu avoir donnĂ© un coup de pied dans la porte qui aurait cĂ©dĂ© tout de suite. En revanche, ses propos n’Ă©taient pas, selon lui, adressĂ©s aux gardiens, mais au fait qu’il avait extrĂŞmement mal.
Des excuses quand mĂŞme
Ă€ l’audience, il confirme ses dires : « D’abord, je me fais agresser en prison, puis j’ai attendu sept heures dans la salle d’attente pour qu’on me soigne. J’ai demandĂ© que l’on me desserre les menottes parce que mes mains avaient gonflĂ© Ă  cause de la chaleur et des blessures. J’ai pĂ©tĂ© les plombs dans la chambre. Je parlais seul, les surveillants Ă©taient Ă  l’extĂ©rieur. Je suis vraiment dĂ©solĂ© envers la porte et les gardiens. » La procĂ©dure pour son agression est en cours, mais son casier prĂ©sente 17 condamnations de 2008 Ă  aujourd’hui.
IncarcĂ©rĂ© depuis septembre 2015 Ă  Villeneuve-lès-Maguelone, puis transfĂ©rĂ© Ă  BĂ©ziers, il s’excuse et dit « être rangé ». Cela ne suffit pas Ă  l’avocate des parties civiles : « Ses mots n’ont pas Ă©tĂ© chuchotĂ©s, mais criĂ©s Ă  l’ensemble des gens qui Ă©taient lĂ , eux aussi, pour des soins. Les surveillants Ă©taient directement visĂ©s. » Elle rĂ©clame 800 € pour le prĂ©judice de chacun et 500 € de frais. L’hĂ´pital, lui, demande 424,80 €, facture Ă  l’appui, pour la rĂ©fection de la porte.
Nouvelle colère Ă  l’audience
Le procureur Calvet note que la colère de la victime serait due Ă  l’absence d’un certificat qui aurait attestĂ© d’une incompatibilitĂ© du prĂ©venu au quartier disciplinaire. Il requiert neuf mois de prison. La dĂ©fense assure : « Il a attendu sept heures, menottĂ© Ă  sa chaise, une main ouverte en sang, un tendon arrachĂ© au niveau du doigt. Il a craquĂ©. Il a donnĂ© un seul coup de pied, il a vocifĂ©rĂ©. On n’a peut-ĂŞtre pas les mĂŞmes rĂ©fĂ©rentiels. Lui, il a Ă©tĂ© placĂ© dans un foyer Ă  l’âge de 6 ans en raison des maltraitances subies quotidiennement par son père. Les gardiens font leur travail, mais il faut aussi avoir de l’humanitĂ© face Ă  quelqu’un qui souffre. »
Le tribunal l’a condamnĂ© Ă  six mois de prison ferme avec maintien en dĂ©tention. Il devra verser 150 € Ă  chacun des trois gardiens et 500 € pour les trois correspondant aux frais de procĂ©dure. Il devra rembourser la porte. Mais il ne fera rien : « Six mois ! La vĂ©ritĂ©, je ne donnerais rien Ă  aucun surveillant. Sur la tĂŞte de ma mère, je ne payerai rien du tout. »

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