Un détenu du centre de détention de Châteaudun a été présenté en comparution immédiate, lundi 17 juillet 2017, pour violences et outrages sur des surveillants. Il est condamné à sept mois ferme.Stéphane Kiomba, condamné à douze ans de prison par la cour d’assises des mineurs, en 2012, pour séquestration et extorsion de fonds en bande organisée, purge la deuxième partie de sa peine au centre de détention de Châteaudun. Il en a été extrait, lundi 17 juillet 2017, pour être présenté devant le tribunal correctionnel pour violences et outrages commis le 22 juin et violences commises le 9 juillet.

Dans le box, l’homme de 25 ans, très robuste, remue en écoutant la présidente : « Le 9 juillet, un surveillant, estimant que l’heure était tardive, a éteint la lumière alors que vous faisiez votre prière. Votre énervement a perduré. »
Stéphane Kiomba se redresse, lève la tête et regarde le tribunal : « Pour moi, l’arrêt de ma prière par un autre, c’est comme un viol. » Il affirme avoir très mal vécu l’extinction des lumières. Le lendemain, les surveillants refusent d’entrer dans sa cellule en voyant, expliquent-ils, son état d’énervement.
Plus tard, deux surveillants, une femme et un homme, ouvrent sa porte. Quatre hommes, placés en retrait, sont en renfort. Stéphane Kiomba se lance sur eux, retrace la présidente : « Vous avez porté des coups. La violence a fusé. Vous avez foncé. »
« Personne ne me touche ! »

Le détenu reconnaît. Les six gardiens se sont vu prescrire de deux à cinq jours d’incapacité temporaire de travail pour des blessures aux côtes, à l’épaule, à l’arcade et au thorax. Le détenu a effectué trente jours de « mitard ».
Lundi, il était également jugé pour des violences et des outrages commis le 22 juin 2017. Des surveillants lui demandent de regagner sa cellule. Il refuse : « J’avais un rendez-vous important au service éducatif et social comme tous les jeudis. On me dit au dernier moment que c’est annulé. »
Selon les surveillants, Stéphane Kiomba les aurait insultés avant de les bousculer violemment et de donner des coups de poing. Le détenu conteste : « J’ai repoussé des bras. Personne ne me touche ! » Et il se perd dans des déclarations sur ses conditions de détention.

Le procureur de la République recentre le débat : « Vous agissez comme dans une école de guerre, avec une stratégie définie : la meilleure défense, c’est l’attaque ! La mission des surveillants n’est pas de vous persécuter mais de veiller au respect des règlements intérieurs. » Et il ajoute : « Le détenu a le devoir de subir sa peine en tenant compte de ces codes. »
Il requiert un an de prison ferme à l’encontre de Stéphane Kiomba dont la sortie est prévue en 2022. Son avocate s’étonne du traitement, selon elle, des dossiers qui concernent son client : « Sur les faits contestés du 22 juin, les images de la vidéo ont été effacées mais pas ceux du 9 juillet. Et des détenus, témoins, n’ont pas été auditionnés ! C’est la parole des surveillants contre celle du détenu. »

La présidente suggère à son client de se plaindre à la hiérarchie en cas de problèmes, notamment avec l’encadrement. L’avocate répond qu’elle l’a déjà fait par le passé : « Il a fallu quatre courriers pour que le dossier soit pris en compte par la direction centrale de Dijon. Et cinq mois pour obtenir une réponse ! »
L’avocate demande que son client soit « placĂ© dans une autre prison ». Et elle estime que ce procès ne risque pas de rĂ©tablir un climat serein entre lui et les surveillants.
StĂ©phane Kiomba insiste : « Je suis incarcĂ©rĂ© depuis cinq ans et demi. Je n’avais jamais eu de problèmes dans les autres prisons. » Il est condamnĂ© Ă  sept mois de prison ferme. 

L’echo rĂ©publicain