1/Pour sécuriser les lieux

C’est le directeur interrégional de l’administration pénitentiaire, Alain Jégo, qui a décidé de dérouter trois fourgons d’ERIS – soit onze hommes – pour qu’ils se rendent sur l’A21 jeudi matin. Après le carambolage impliquant un fourgon pénitentiaire, transportant six détenus et trois fonctionnaires, il fallait très vite sécuriser les lieux. Les prisonniers, en provenance de Longuenesse, devaient être transférés à la maison d’arrêt de Douai. Condamnés à des peines très courtes, ils ne suscitaient pas vraiment d’inquiétude. Les ERIS ne redoutaient donc pas la tentative d’évasion. « Mais ça reste tout de même des personnes sous main de justice, nous nous devons de sécuriser les lieux », explique-t-on au ministère de la Justice.
Pourquoi venir cagoulés et armés si les dangers sont minimes ? « Nous sommes impliqués dans un accident, on ne connaît pas encore les tenants et les aboutissants, on ne prend aucun risque et, surtout, peu importe l’intervention, les ERIS portent toujours le même uniforme. »
2/Pour soutenir les surveillants pénitentiaires



L’importance du carambolage et l’écho médiatique exceptionnel ont également motivé la décision du directeur interrégional. Les fonctionnaires pénitentiaires présents dans le fourgon étant blessés, il fallait les remplacer dans leur mission.
Les ERIS – basées à Lille pour les Hauts-de-France – constituent une des seules forces de la pénitentiaire à pouvoir intervenir sur la voie publique. Ces agents spécialisés, mobilisables en permanence, 24 heures sur 24, 365 jours par an, étaient donc les seuls à pouvoir aider au transfert des détenus, soit vers l’hôpital, soit vers la maison d’arrêt de Douai.
« Le fait que les membres des ERIS soient tous des anciens surveillants permet un appui conséquent », conçoit le ministère de la Justice. « Ce sont des hommes formés et qui ont l’habitude de travailler auprès des détenus. » Jeudi, ils sont restés auprès des prisonniers blessés près de trois heures.
3/Pour négocier s’il le fallait

La négociation est au cœur de la formation des ERIS. Chaque équipe est composée d’un médiateur. Le fait d’avoir une arme pèse psychologiquement mais « ils l’utilisent rarement ». Dans le secteur, les ERIS ont notamment réussi à convaincre deux fois des détenus qui avaient pris en otage des surveillants pénitentiaires au sein de la maison centrale de Vendin-le-Vieil. À chaque fois avec succès et sans faire de blessés.

La voix du nord