đŸ‡«đŸ‡· Le Pontet : suite Ă  des violences, un dĂ©tenu appelle les pompiers depuis sa cellule

L’histoire est incroyable. Yamine, dĂ©tenu au centre pĂ©nitentiaire d’Avignon-Le Pontet, a dĂ» utiliser un tĂ©lĂ©phone portable pour aviser les pompiers et obtenir les soins que nĂ©cessitait son Ă©tat de santĂ©… Cet Avignonnais ĂągĂ© de 31 ans, dĂ©tenu pour des dĂ©lits routiers, a obtenu le 13 juillet une permission de sortir de 14 heures Ă  19 heures pour se rendre au chevet de son frĂšre, hospitalisĂ© en rĂ©animation au centre hospitalier d’Avignon. À son retour Ă  la prison, il a Ă©tĂ© trouvĂ© porteur, lors de sa fouille, d’une boulette de rĂ©sine de cannabis.
L’incident, qui n’a Ă©tĂ© suivi d’aucun rapport officiel, a par contre donnĂ© lieu Ă  un vĂ©ritable passage Ă  tabac de ce dĂ©tenu, qui aurait Ă©tĂ© rouĂ© de coups par trois surveillants. MalgrĂ© son insistance, aucun soin ne lui a Ă©tĂ© prodiguĂ© et il a Ă©tĂ© conduit manu militari dans sa cellule.

Yamine, qui ne se sentait pas bien, a pu se procurer un tĂ©lĂ©phone portable et a appelĂ© Ă  l’aide l’hĂŽpital et les pompiers, qui n’ont pas manquĂ© de se renseigner auprĂšs de la prison avant de dĂ©pĂȘcher des secours. Yamine a alors Ă©tĂ© conduit dans la salle d’attente de l’infirmerie de la prison, oĂč il a patientĂ© deux heures, « sans surveillance ni secours mĂ©dical ». Finalement, les pompiers ont pu le prendre en charge et le conduire au centre hospitalier, oĂč il a Ă©tĂ© diagnostiquĂ© un hĂ©matome de l’avant-bras, une ecchymose au niveau de l’oreille droite, une contusion costale et un arrachement osseux au niveau de l’Ă©paule, nĂ©cessitant une immobilisation. Il lui a Ă©tĂ© notifiĂ© une ITT de trois jours.
Des violences inacceptables pour son avocat, Me Billet, qui a dĂ©posĂ© plainte auprĂšs du procureur de la RĂ©publique du tribunal de grande instance d’Avignon. L’avocat dĂ©nonce dans sa plainte les menaces dont fait l’objet son client depuis cette agression : « Ces menaces ajoutent Ă  l’indignation, et nous espĂ©rons qu’une enquĂȘte soit instruite le plus rapidement possible ».
La provence

2 Commentaires

  1. Une ITT de 3 jours c’est un mois ferme pour l’auteur des violences quand la victime est une dĂ©putĂ©e LREM. J’espĂšre que le tarif sera au moins le mĂȘme pour les surveillants auteurs de ces violences qui discrĂ©ditent la profession tout entiĂšre, et que la justice sera aussi prompte que dans l’affaire prĂ©citĂ©e.

  2. Cette affaire lamentable est intĂ©ressante Ă  plus d’un titre:
    1 – L’administration pĂ©nitentiaire n’a pas daignĂ© apporter assistance Ă  un dĂ©tenu pourtant en danger. Que serait-il advenu de ce dĂ©tenu s’il n’avait pu contacter les secours?
    2 – Ce dĂ©tenu n’a pu prĂ©venir les secours que grĂące Ă  un tĂ©lĂ©phone portable qui ont au moins cette vertu mĂȘme s’ils sont interdits en dĂ©tention. On peut dire que pour une fois l’incompĂ©tence notoire de l’administration pĂ©nitentiaire Ă  juguler l’introduction de portables en dĂ©tention a Ă©tĂ© utile
    3 – Le portable a aussi permis de rendre publique ces violences perpĂ©trĂ©es par des surveillants qui auraient pu n’ĂȘtre jamais rĂ©vĂ©lĂ©es. Cela laisse Ă  penser que ces violences sont plus frĂ©quentes que l’on ne le pense, ce qui peut expliquer, sans les cautionner, les rĂ©actions violentes de certains dĂ©tenus.
    4 – Comme souvent dans ce type d’affaires, la direction de l’Ă©tablissement, par lĂ©gĂšretĂ©, incompĂ©tence, sous la pression de ses supĂ©rieurs ou par crainte des reprĂ©sailles du corps des surveillants, n’a pas assumer ses responsabilitĂ©s en soutenant a priori ses personnels dĂ©linquants (France info) alors qu’une plainte est en cours d’instruction et que le dĂ©tenu a obtenu une ITT de 3 jours.

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