Il a sans doute eu la peur de sa vie. Un élève gardien de la maison d’arrêt du Val-d’Oise a été agressé par un détenu ce matin, à Osny. Sous la menace d’une arme, il a été brièvement pris en otage, avant de réussir à prendre la fuite.
Il était environ 7h15 quand l’élève surveillant effectuait le contrôle d’effectif du matin. En ouvrant la porte d’une cellule occupée par deux détenus, il s’est fait surprendre par l’un d’entre eux, qui l’a placé sous la menace de deux armes blanches artisanales : un manche de fourchette auquel était collé une lame de 10 cm, et une lame de rasoir fixée à une brosse à dents. Le détenu est sorti de sa cellule avec le gardien en otage, et il a réussi à avancer jusqu’au milieu de la coursive. L’élève surveillant a alors senti que la pression sur son cou se relâchait. Il en a profité pour se dégager et a réussi à prendre la fuite. Il s’est réfugié à l’étage supérieur et a appelé des renforts. C’est une stagiaire de la maison d’arrêt qui a déclenché l’alarme, plaçant le détenu enfermé dans une aile.
Une Equipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris) est arrivée sur place peu après, avec un négociateur. Après quelques échanges, le détenu a accepté de se rendre. Il a été placé en garde à vue à Cergy. Lors de son audition, il a déclaré qu’il voulait tuer le surveillant, ce qui a conduit la justice à requalifier en tentative d’assassinat. Âgé de 23 ans, il était détenu pour des faits de vol et de violence, et compte de multiples condamnations sur son casier judiciaire. Concernant ses motivations, il a indiqué qu’il souhaitait changer d’établissement et s’est plaint qu’on lui volait ses « cantines » (achats effectués en prison).
« Nous demandons la création d’établissements spécialisés pour ce genre de personnes », a revendiqué Jérôme Nobécourt, secrétaire interrégional de FO pénitentiaire. Son syndicat tient à saluer le sang-froid dont ont fait preuve l’élève surveillant et sa collègue stagiaire en déclenchant l’alarme rapidement. « Ce sont des faits très grave, rappelle-t-il. Nous réclamons une peine exemplaire. » Il estime que cette situation est liée à une carence d’effectif et à une surpopulation au sein de l’établissement. La maison d’arrêt compte environ 900 détenus pour 580 places.
Le parisien

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