«Cette personne me fait peur. Je me suis senti en danger.» Bilal S. cherche ses mots. Ce prisonnier du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne) et son codétenu étaient jugés ce lundi pour des violences aggravées commises au sein de l’établissement.
Âgés de 19 et 20 ans, les deux hommes sont en détention provisoire pour des affaires de complicité de tentative de meurtre pour l’un et d’assassinat pour l’autre. Debout dans le box, Bilal a expliqué son geste par la crainte que lui inspirait l’identité de sa victime. Le 3 juillet, lui et Ruben M. ont violemment frappé Frédéric Tribout dans la cour de la prison. Ce trentenaire avait été condamné trois jours plus tôt à trente ans de réclusion par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis. Il a été reconnu coupable d’avoir tué, démembré et brûlé le corps de la compagne de son frère en octobre 2013.
L’agression a été filmée par les caméras de surveillance de la prison. Elle découlerait en premier lieu d’une histoire de changement de cellule. Selon Bilal, la victime lui aurait donné l’assurance de lui céder la sienne. «Elle est un peu plus grande que la mienne et j’aurais pu parler avec mes potes à la fenêtre», explique-t-il. Las, Frédéric Tribout aurait changé d’avis.
Un refus auquel le prévenu a répondu par des coups de poing, avant que son codétenu accoure et assène un violent croc-en-jambe à la victime. Celle-ci souffre d’une double facture tibia-péroné à la jambe droite. Une incapacité totale de travail de 45 jours lui a été notifiée, l’unité judiciaire qui mesure la gravité de blessures.
Frédéric Tribout était absent lors de l’audience
«Je l’ai mal pris, confirme Bilal en évoquant la discussion avec Frédéric Tribout. J’ai eu peur pour moi parce que son histoire me fait peur. Je n’allais pas attendre le premier coup.» La peur semblait équitablement répartie dans ce procès puisque Frédéric Tribout a invoqué la crainte de représailles pour refuser d’y assister.
Ruben, le codétenu de Bilal, a quant à lui assuré qu’il souhaitait séparer les deux détenus. «Vous vouliez le protéger (NDLR : Frédéric Tribout) mais vous lui avez cassé la jambe», a souligné la présidente. «Je l’ai fait tomber mais je ne voulais pas lui faire du mal», a répondu le prévenu. La substitute de la procureure a appuyé son réquisitoire sur les circonstances aggravantes des faits, en l’occurrence des violences commises en réunion et dans l’enceinte de la prison.
Me Boghossian, le conseil des deux détenus, a d’abord listé les trois coups qui ont été assénés en direction de la victime. «Nous sommes loin du déchaînement de violences, a-t-il plaidé. Il n’y a pas eu de lynchage.» Puis l’avocat a évoqué la surpopulation carcérale à Meaux-Chauconin : «Tout cela créé des tensions qui n’existaient pas à un tel niveau auparavant.» Les deux prévenus ont été condamnés à un an d’emprisonnement avec maintien en détention, soit la moitié de la peine requise par le ministère public.
Le parisien

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