🇫🇷 BĂ©ziers : des dĂ©tenus dĂ©noncent trafics et pressions qu’ils subissent en prison

En plein dĂ©bat sur l’installation de tĂ©lĂ©phones dans les cellules, des dĂ©tenus de la prison du Gasquinoy Ă  BĂ©ziers expliquent qu’ils ne s’en serviront certainement pas. « Nous serons Ă©coutĂ©s ? Nous ne le voulons pas », expliquaient-ils, sous couvert d’anonymat, la semaine dernière, via des portables entrĂ©s illĂ©galement.Des nouvelles de derrière les barreaux

Depuis le mois de juin, la rĂ©daction de Midi Libre est rĂ©gulièrement en contact avec des dĂ©tenus. De manière rĂ©currente, ces derniers donnent des nouvelles de ce qui se passe dans le huis clos carcĂ©ral. Depuis maintenant trois mois, ils dĂ©noncent l’organisation de trafics de drogue, au vu et au su des surveillants, prĂ©tendent-ils. Ils dĂ©noncent le « laisser-faire » des autoritĂ©s qui, selon eux, « ne peuvent pas ignorer » ce qui se passe.
« Nous ne pouvons pas refuser »
« On nous force Ă  rentrer la drogue, Ă  la passer d’un bâtiment Ă  l’autre. Nous prenons des risques pour quelques petits caĂŻds et, si nous ne nous exĂ©cutons pas, nous sommes menacĂ©s, puis on se fait « éclater ». Si on ne fait pas ce qu’ils veulent, on nous prend tout ce qu’on a. On est des toxicos alors ils en abusent. Quand il y a une fouille, c’est nous, les « mules », qui trinquons. Nous ne pouvons pas refuser et nous avons peur. »
Des détails précis
Ces arguments sont souvent mis en avant par des prĂ©venus passant devant les tribunaux pour introduction de produits stupĂ©fiants via le parloir. Ils ne sont jamais pris en compte parce qu’aucun nom n’est jamais donnĂ© aux autoritĂ©s. On pourrait penser Ă  une manipulation de la part de dĂ©tenus qui sont parvenus Ă  trouver le contact de la rĂ©daction de Midi Libre. Mais, renseignements pris auprès de certains surveillants, il s’avère que les dĂ©tails donnĂ©s par tĂ©lĂ©phone sont extrĂŞmement prĂ©cis, les noms de ceux qui organiseraient les trafics aussi. Des dĂ©tails sur certains dĂ©tenus sont aussi livrĂ©s, sur les cellules qu’ils occupent. Bref, de quoi laisser entendre que ces dĂ©tenus ont peut-ĂŞtre vraiment peur de ce qui se passe derrière les murs du Gasquinoy.
Un appel Ă  l’aide
Ce sont ces mĂŞmes contacts qui, au mois de juillet dernier, avaient informĂ© du dĂ©cès d’un dĂ©tenu espagnol qui venait d’arriver en maison d’arrĂŞt. La semaine dernière ces dĂ©tenus ont renouvelĂ© leurs appels en expliquant : « Rien n’a bougĂ©. Aucune fouille n’a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e. Pourtant, l’administration pĂ©nitentiaire est au courant de ces informations et les dĂ©tenus prĂŞts Ă  se livrer. On a des noms Ă  donner. Ça doit bien intĂ©resser quelqu’un ou bien alors, on veut laisser les trafics se poursuivre dans la prison. » Les contacts attendent un signe fort de l’administration pĂ©nitentiaire.
Midi libre

Ă€ Lire :  🇫🇷 Uzerche: Une boutique de vĂŞtements va ouvrir dans la prison

Soyez le premier Ă  commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.




Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.