đŸ‡«đŸ‡· Il Ă©bouillante son codĂ©tenu pour un paquet de cigarettes

IncarcĂ©rĂ© depuis le 11 juillet, le trentenaire parle d’accident, de geste involontaire. MĂȘme si tout dit le contraire. Le 26 aoĂ»t, peu avant 8 h, les surveillants entendent du tapage dans la cellule qu’occupent Fehti et ses deux codĂ©tenus. Quelques minutes auparavant dĂ©jĂ , le bruit les avait fait se dĂ©placer. Ils avaient constatĂ© que Fehti avait dĂ©truit un meuble de rangement. LĂ , c’est plus grave. L’un des codĂ©tenus – avec lequel le prĂ©venu entretenait de bonnes relations – hurle de douleur, se tenant le visage Ă  deux mains. Il vient d’ĂȘtre Ă©bouillantĂ© par la projection de l’eau qui se trouvait dans la bouilloire, tout juste dĂ©branchĂ©e.

«  LĂ , Ă  trois, c’est que des problĂšmes  »
Fehti, dĂ©jĂ  condamnĂ© pour des faits de violence aggravĂ©e, explique avoir pris, la veille, des mĂ©dicaments pour dormir, puis s’ĂȘtre rĂ©veillĂ© et n’avoir pas pu mettre la main sur son paquet de cigarettes. Il accuse le dernier codĂ©tenu arrivĂ© dans la cellule courant aoĂ»t (d’origine maghrĂ©bine comme lui), mais s’attaque pourtant Ă  l’autre (d’origine africaine), son ami, en s’aidant du cĂąble de la radio, puis de la radio elle-mĂȘme avant d’attraper la bouilloire, de l’ouvrir et de projeter son contenu en direction de son visage.
Deux examens mĂ©dicaux plus tard, la victime prĂ©sente des brĂ»lures au 2e degrĂ© principalement sur le visage, et se voit Ă©tablir une incapacitĂ© totale de travail de cinq jours. Fehti, lui, est passĂ© devant la commission disciplinaire et a Ă©copĂ© de trente jours de cellule disciplinaire, dont cinq jours avec sursis, sur une durĂ©e de six mois. Une sanction qui s’ajoute Ă  la rĂ©ponse pĂ©nale.
« J’ai pas fait exprĂšs, rĂ©pĂšte encore le prĂ©venu, insistant sur le rĂŽle des mĂ©dicaments pris la veille, je ne l’ai pas visĂ©. L’eau est partie partout. Je voulais la jeter sur le mur. Et puis, Ă  deux, on Ă©tait bien. LĂ , Ă  trois, c’est que des problĂšmes. » Des explications qui ne convainquent pas. Pour le procureur de la RĂ©publique, il n’est « pas tolĂ©rable qu’on s’en prenne Ă  son codĂ©tenu. Et rien dans ce dossier va dans le sens d’un accident. » Dix-huit mois ferme sont requis, avec mandat de dĂ©pĂŽt. Me Guerekobaya, pour la dĂ©fense, explique que son client n’Ă©tait, ce jour-lĂ , « pas dans son Ă©tat habituel », mais « sous le coup de la colĂšre. » 
Au final, Fehti, qui Ă©tait libĂ©rable en avril prochain, a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  douze mois de prison ferme. Il devra en outre verser 5.000 € Ă  son codĂ©tenu au titre des dommages et intĂ©rĂȘts pour son prĂ©judice moral.

A l’Ă©noncĂ© de la peine, le trentenaire de nationalitĂ© algĂ©rienne a fait un malaise. Un examen mĂ©dical d’urgence a Ă©tĂ© diligentĂ© dĂšs son retour Ă  la maison d’arrĂȘt.
La nouvelle republique