A Cherbourg (Manche), la maison d’arrĂȘt a Ă©tĂ© fortement touchĂ©e par une invasion de punaises de lit. Pour lutter contre ces insectes, qui ont fait leur apparition en fĂ©vrier 2017, la direction a Ă©tĂ© obligĂ©e de transfĂ©rer une grande partie des dĂ©tenus.
La prison de Cherbourg (Manche) n’avait pas Ă©tĂ© aussi vide depuis longtemps. Cet Ă©tĂ©, les effectifs, gĂ©nĂ©ralement autour de 70 dĂ©tenus, sont descendus, au plus bas, Ă  27 personnes. La faute Ă  des punaises de lit, qui s’en sont prises aux occupants des cellules.
Des insectes sur les murs
Les premiĂšres morsures ont Ă©tĂ© constatĂ©es en fĂ©vrier 2017. Au mĂȘme moment, certains condamnĂ©s affirmaient voir des insectes descendre des murs la nuit. « Pas mal de dĂ©tenus se plaignaient d’ĂȘtre piquĂ©s pendant la nuit, raconte Arnaud Lelezec, surveillant pĂ©nitentiaire et dĂ©lĂ©guĂ© Ufap-Unsa. Nous avons montrĂ© au mĂ©decin qui a indiquĂ© que nous avions affaire Ă  des punaises de lit ».
Une rapide prolifération
La direction a alors fait appel Ă  une entreprise spĂ©cialisĂ©e, mais le mal Ă©tait dĂ©jĂ  fait. « Nous avons probablement minimisĂ© le problĂšme. Nous avons commencĂ© Ă  prendre ça au sĂ©rieux quand ça a gagnĂ© la cellule voisine », indique le surveillant. En quelques jours, les parasites ont gagnĂ© du terrain. Ils ont prolifĂ©rĂ© au rythme des nombreux changements de cellules des dĂ©tenus, qui sont entre six et neuf par dortoir. Se glissant partout, ils se sont installĂ©s dans toute la maison d’arrĂȘt.
Des détenus transférés
Alors la direction a mis en place un protocole au dĂ©but de l’Ă©tĂ©. Celui-ci prĂ©voyait de vider l’Ă©tablissement, par moitiĂ©, afin de procĂ©der Ă  un traitement radical: une entreprise spĂ©cialisĂ©e a tout dĂ©montĂ© dans les cellules, a appliquĂ© un produit, avant de tout aspirer. Un procĂ©dĂ© rĂ©pĂ©tĂ© deux fois.
Les dĂ©tenus ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s, par vagues, vers les prisons voisines, celles de Caen (Calvados) et CondĂ©-sur-Sarthe. « Ça a Ă©tĂ© une logistique Ă©norme, reconnaĂźt Arnaud Lelezec. Il a fallu jeter toutes les couvertures, les linges. Les familles avaient l’interdiction de ramener de nouveaux vĂȘtements. » Quant aux surveillants, ils craignaient de ramener des punaises Ă  leurs domiciles. 
Ce vendredi 1er septembre 2017, six dĂ©tenus qui Ă©taient provisoirement installĂ©s ailleurs ont fait leur retour. La maison d’arrĂȘt devrait retrouver son rythme habituel dans les prochains jours. « Ça a permis de faire le clair dans la prison, de remettre des matelas et des draps neufs », juge le surveillant, qui pointe la vĂ©tustĂ© des locaux.
La manche libre