đŸ‡«đŸ‡· Rodez: Une Ă©lue du Front National reconnaĂźt avoir fourni un tĂ©lĂ©phone portable Ă  un dĂ©tenu 

INFO FRANCE 3 MIDI-PYRENEES – Une Ă©lue tarnaise du Front National reconnaĂźt avoir fourni un tĂ©lĂ©phone portable Ă  un dĂ©tenu incarcĂ©rĂ© Ă  la maison d’arrĂȘt de Rodez. Des stupĂ©fiants auraient Ă©galement Ă©tĂ© introduits dans l’Ă©tablissement.

Glawdys Ramadji est conseillĂšre municipale (FN) Ă  Albi. Mais elle effectue rĂ©guliĂšrement des « allers-retours » vers Rodez. Glawdys Ramadji se rend au parloir de la maison d’arrĂȘt de Druelle, prĂšs de Rodez, plusieurs fois par semaine. L’Ă©lue Frontiste voit le pĂšre de son fils, DB. DB est mis en examen et Ă©crouĂ© dans une affaire de vol Ă  main armĂ©. Selon nos informations, c’est Ă  l’occasion de l’une de ces rencontres que Glawdys Ramadji a fourni un tĂ©lĂ©phone portable Ă  son ex-compagnon.
Un signalement effectué
Selon nos informations, le cellulaire sert Ă  passer des appels vocaux mais aussi Ă  envoyer des Sms. Il a d’ailleurs encore Ă©tĂ© utilisĂ© entre ce lundi 4 septembre au soir et mardi aprĂšs-midi pour une communication vers une commune tarnaise. Un signalement a Ă©tĂ© effectuĂ© auprĂšs des services pĂ©nitentiaires. La procĂ©dure en matiĂšre de signalement par une personne extĂ©rieure est toujours la mĂȘme. La Direction InterrĂ©gionale, situĂ©e Ă  Toulouse, doit ĂȘtre informĂ©e. Selon nos informations, la maison d’arrĂȘt de Rodez ne respecte pas toujours ce process. Mais, s’agissant du tĂ©lĂ©phone portable de DB, le signalement a bien Ă©tĂ© transmis.
Bien Ă©videmment, la dĂ©tention d’un tĂ©lĂ©phone portable est interdite dans un Ă©tablissement pĂ©nitentiaire. En cas de dĂ©couverte par les gardiens une saisie est faite. Il existe Ă©galement (article 434-5 du code pĂ©nal) des consĂ©quences judiciaires. En fonction des juridictions et du profil (rĂ©cidive ou non) de l’auteur du dĂ©lit, l’introduction d’un portable peut se traduire par une condamnation ferme ou avec sursis. Une interdiction dĂ©finitive de visite peut Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©e.
Les dĂ©tenus (condamnĂ©s ou prĂ©venus) peuvent tĂ©lĂ©phoner Ă  l’extĂ©rieur. Ils disposent de 8 points phone Ă  la maison d’arrĂȘt de Rodez. Deux dans chaque cour de promenade. Un par Ă©tage et un commun aux quartiers d’isolement et disciplinaires. Les conversations sont enregistrĂ©es et Ă©coutĂ©es. Les enregistrements sont conservĂ©s durant 3 mois.
L’Ă©lue reconnaĂźt avoir passer le tĂ©lĂ©phone
Par dĂ©finition, un tĂ©lĂ©phone portable « clandestin » Ă©chappe Ă  ces rĂšgles de surveillance. C’est le cas du cellulaire actuellement en l’a possession de l’ex-compagnon de Gladwys Ramadji. ContactĂ©e par France 3 Occitanie, l’Ă©lue albigeoise reconnaĂźt avoir fourni un tĂ©lĂ©phone Ă  DB. Glawdys Ramadji prĂ©cise que c’est Ă  la demande de son ex-compagnon et que sa premiĂšre rĂ©action a Ă©tĂ© de s’interroger sur l’utilitĂ© de disposer d’une carte SIM.
Jamais fouillée lors des parloirs
Glawdys Ramadji prĂ©cise Ă©galement n’avoir jamais Ă©tĂ© fouillĂ©e. Selon elle, c’est la preuve qu’elle n’a pas de problĂšme avec les gardiens et qu’elle n’Ă©veille pas la suspicion. Selon nos informations, la conseillĂšre municipale n’est pas particuliĂšrement proche du personnel pĂ©nitentiaire de Rodez et elle n’a pas bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un rĂ©gime particulier. Son statut d’Ă©lue n’explique pas l’absence de fouille. Il arrive que les visiteurs ne soient pas contrĂŽlĂ©s. Y compris lorsqu’un signalement existe. GĂ©nĂ©ralement, c’est le dĂ©tenu qui fait l’objet d’une palpation.

Des stupĂ©fiants Ă©galement introduits dans l’Ă©tablissement ?
Un contrÎle aurait pu permettre de récupérer le téléphone de DB. Mais, selon nos informations, des stupéfiants auraient pu également tomber dans les mailles du filet. Gladwys Ramadji aurait bénéficié de plusieurs parloirs pour communiquer du cannabis à DB. Ce trafic de stupéfiant aurait également bénéficier à son co-détenu.
La prĂ©sence de stupĂ©fiants derriĂšre les murs de la prison de Rodez n’a rien d’impossible. Dans un rapport rĂ©digĂ© en janvier 2014, le ContrĂŽleur GĂ©nĂ©ral des Lieux de Privation de LibertĂ©s prĂ©cise que du cannabis a Ă©tĂ© retrouvĂ© sur le chemin de ronde le 2 novembre 2013.
Glawdys Ramadji nie toute implication dans une affaire de stupĂ©fiant. L’Ă©lue dĂ©clare que son ex-compagnon n’est pas consommateur. Mais, selon nos informations, DB est connu des services de polices pour des questions de « stups ». L’Ă©lue Frontiste estime surtout qu’elle n’aurait jamais introduit des stupĂ©fiants en prison : « Je ne suis pas folle. Jamais, je ne ferai cela. Je sais bien que si je fais cela je risque de me faire prendre et de perdre mon fils que l’on va placer Ă  la DDASS ».
ContactĂ©e par France 3 Occitanie, l’administration pĂ©nitentiaire dĂ©clare qu’elle « ne peut et ne souhaite pas communiquer sur un cas individuel ».
L’Ă©lue impliquĂ©e dans une bagarre
Championne de Taekwondo, Glawdys Ramadji a fait parler d’elle en mai dernier Ă  la suite d’une altercation avec des habitants du quartier de Lapanouse, deux versions des faits s’affrontant. Une enquĂȘte avait alors Ă©tĂ© ouverte.