Des grillages flambant neufs du quartier disciplinaire aux douches collectives grĂŞlĂ©es de moisissures, Jean-Luc MĂ©lenchon est ressorti vendredi « pas indemne » d’une visite inopinĂ©e de la prison marseillaise des Baumettes, une façon pour le dĂ©putĂ© de lutter contre les « discours simplistes » sur la dĂ©tention.

M. MĂ©lenchon avait emmenĂ©, comme la loi le permet aux parlementaires depuis 2015, une poignĂ©e de journalistes pour visiter de fond en comble l’Ă©tablissement. Dont des espaces rarement ouverts aux yeux extĂ©rieurs, comme l’unitĂ© de soins psychiatriques ou le quartier d’isolement par exemple.

« Quelle ambiance terrible… Et on y enferme des ĂŞtres humains… », souffle le dĂ©putĂ© en sortant du bâtiment des « Baumettes historiques », datant du dĂ©but du XXe siècle et rĂ©gulièrement pointĂ© du doigt pour sa vĂ©tustĂ© et son insalubritĂ©.

AccompagnĂ© de reprĂ©sentants de l’administration pĂ©nitentiaire prĂ©venus seulement quelques heures avant –le dĂ©tergent sur le sol du couloir d’entrĂ©e de la prison n’est pas encore sec–, et de syndicalistes de la CGT, M. MĂ©lenchon a Ă©tĂ© conduit Ă  travers le dĂ©dale de coursives grillagĂ©es, longues de plusieurs centaines de mètres.

Il a pu voir une cellule aux murs et aux sanitaires entièrement maculĂ©s de crasse, oĂą volaient des moucherons, entendre les fracas des coups des prisonniers contre leur porte, ou respirer l’humiditĂ© suffocante d’une salle de douches collectives. Seules trois douches sur dix fonctionnent pour plusieurs dizaines de dĂ©tenus.

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