Nous avons confiance en nos collègues », confiait ce lundi un surveillant du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin. Ce lundi, en milieu de matinée, trois agents de cette prison ont été placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Meaux. Leur garde à vue a été prolongée ce mardi.

Une enquête a été ouverte début octobre après qu’un détenu a accusé ces trois surveillants de l’avoir violé avec une matraque, dans le quartier disciplinaire où il est placé. Une source proche du dossier évoquait la semaine dernière une barre de sondage utilisée pour vérifier l’intégrité des barreaux.

Matraque ou barre de sondage ? Les deux versions sont battues en brèche par un surveillant de Meaux-Chauconin : « La règle pénitentiaire nous interdit de porter des armes létales, et notamment des matraques, que ce soit en mission interne ou externe. Quant aux barres de fer qui servent à sonder les barreaux des cellules, nous n’en avons pas au quartier disciplinaire ! » Les trois surveillants nient les faits qui leur sont reprochés. « Ils clament leur innocence », assure un de leurs collègues.

Selon nos informations, l’un des trois agents placés en garde à vue est un gradé, « un premier surveillant qui a vingt-cinq ans de maison ». Les deux autres, placés sous ses ordres, ont quelques années de service. « Les collègues qui sont affectés au quartier disciplinaire ont affaire à des détenus souvent violents. Ils sont solides et particulièrement calmes. Ces accusations sont ubuesques, on veut faire une deuxième affaire Théo (du nom de l’arrestation avec soupçon de viol d’un jeune homme à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, en février) », dénonce un surveillant pénitentiaire de Meaux-Chauconin.

Le parquet de Meaux et l’administration pénitentiaire se refusent à donner la moindre information tant que l’enquête n’est pas terminée. Le détenu a été transféré dans une autre prison de la région parisienne.

Le Parisien