Issa Faleh, 26 ans, a demandé à ses juges de se mettre à sa place : supportant très mal sa détention, il venait d’apprendre, ce 12 août dernier, que l’un de ses enfants s’était retrouvé dans le coma et qu’il avait été placé, ainsi que leur deuxième. Alors, il a asséné à sa compagne une « rafale de coups de poing au visage » et un coup de genou avant de lui écraser la tête au sol, lui faisant perdre connaissance, pour la punir de s’être mal occupé de leurs enfants.

Lui, ne reconnaît qu’une « grosse claque », appuyé par sa compagne qui assure désormais en avoir rajouté. « Une claque ? Et vous avez les bras complètement bleus ? », l’a repris la présidente Pollet. « Il vous laisse toute seule à 19 ans avec deux enfants… », a-t-elle poursuivi, sans convaincre la jeune femme.

L’autre détenu, quant à lui, avait encaissé un coup au thorax, tandis que sa mère avait été giflée avant de recevoir un crachat, ce que le prévenu minimise également. Le parquet a souligné qu’Issa Faleh avait échappé de très peu à un passage en comparution immédiate et qu’il est en état de récidive pour ces violences.

C’est pourquoi la substitut Jean-Baptiste a requis une peine de 18 mois de prison dont 6 avec sursis et mise à l’épreuve, mais sans incarcération immédiate. Le tribunal s’est montré plus sévère en validant ces réquisitions, mais en renvoyant le jeune homme en prison dès sa sortie de la salle d’audience, avec également une interdiction de contact avec sa compagne. « Vous n’avez pas conscience que vous allez finir par la tuer ! », l’a sermonné la présidente Pollet, tandis que le condamné semblait éberlué par sa sanction : « Je ne vais pas tenir un jour en prison ! Je pense que je vais mettre la corde dès ce soir ! », a-t-il crié, larmoyant.

La voix du nord