Au centre éducatif fermé de Bures-sur-Yvette, des mineurs délinquants se voient offrir une seconde chance. Le gouvernement veut créer 20 nouvelles structures de ce type.

C’est un lieu habituellement inaccessible au public. Le centre Ă©ducatif fermĂ© (CEF) de Bures-sur-Yvette est nichĂ© au coeur d’un quartier cossu et pavillonnaire de cette ville de l’Essonne. Dans ce bout de campagne, de hautes grilles vertes entourent deux grands bâtiments. Derrière, dix jeunes y sont actuellement accueillis, des mineurs dĂ©linquants multirĂ©cidivistes qui tentent de se rĂ©insĂ©rer.  

La plupart ont Ă©tĂ© condamnĂ©s pour trafic de drogue ou atteinte aux personnes. « Nous sommes une alternative Ă  la prison ou son dernier rempart quand toutes les solutions Ă©ducatives ont Ă©tĂ© tentĂ©es », explique Laurence Martinat, la nouvelle directrice, qui a ouvert lundi les portes de l’Ă©tablissement. CrĂ©Ă©s en 2002, 51 CEF sont rĂ©partis dans toute la France. Échelon intermĂ©diaire entre les foyers ouverts et les prisons, chaque centre reçoit jusqu’Ă  douze mineurs, entre 13 et 18 ans. Ils restent six mois, pĂ©riode renouvelable une fois.  

Sous Nicolas Sarkozy, la droite avait fermĂ© des foyers en milieu ouvert pour les remplacer par ces petites structures, ce qui avait permis de diminuer le nombre de mineurs incarcĂ©rĂ©s. Mais depuis quelques mois, les prisons se remplissent et les CEF manquent de place: en aoĂ»t dernier, 885 mineurs Ă©taient Ă©crouĂ©s. Un record depuis quinze ans. En septembre, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a donc annoncĂ© l’ouverture de vingt nouveaux centres d’ici 2022. 

L’express