Dans le box, cinq agents surveillent étroitement Séraphin N’Nanga. L’homme a un physique de troisième ligne et les nerfs à fleur de peau. Il interrompt sans cesse la présidente Audrey Bailleul résumant la procédure qui vaut à ce Parisien de comparaître pour rébellion, outrages et violences contre cinq surveillants pénitentiaires. L’un des fonctionnaires a eu quinze jours d’incapacité de travail.

Séraphin N’Nanga est aussi poursuivi pour avoir été en possession de deux téléphones portables, ce qui est interdit en prison. C’est d’ailleurs comme cela que tout a commencé. Le 3 août, à Sequedin, il a été aperçu par un surveillant en train de faire un selfie dans la cour de promenade. Amené dans une salle pour être fouillé, l’homme a laissé tomber deux téléphones, l’un était caché entre ses fesses, l’autre dans une poche. « On vous reproche d’avoir foncé sur les agents. L’un d’eux explique que vous avez armé votre poing à deux reprises et que vous lui avez porté un coup à la tête puis un coup de coude dans la poitrine » indique la présidente Audrey Bailleul.

Séraphin N’Nanga retourne les violences qui lui sont reprochées contre les surveillants. Il se plaint de gestes humiliants lors de la fouille et affirme avoir perdu connaissance : « Ils se sont tous jetés sur moi. Ils étaient au moins dix ». Pour Me Dimitri Deregnaucourt, c’est tout bonnement impossible : « Il n’y a pas de place pour dix dans une salle de fouille ». La procureure Élodie Buguel évoquera « une incarcération qui se passe avec difficulté ». Il a « huit mentions sur son casier judiciaire dont quatre pour violences ».

La procureure va requérir dix mois de prison en précisant : « Il se dit victime d’acharnement de la justice. Le psychiatre a relevé qu’il est dans un vécu persécutif ». En défense, Me Benoît David du barreau de Paris s’indigne : « Si la détention se passe mal quel est l’intérêt de demander dix mois de plus ? ». L’avocat se réfère à la cour européenne des droits de l’homme pour déplorer le cumul en France d’une sanction pénale avec une sanction disciplinaire telle que le transfert et la mise à l’isolement. Séraphin N’Nanga a eu droit aux deux. Le tribunal ira néanmoins au-delà des réquisitions du parquet en condamnant Séraphin N’Nanga à un an de prison avec mandat de dépôt.

La voix du nord