đŸ‡«đŸ‡· Argentan. Un nouveau directeur et le plein de projets au centre de dĂ©tention

Damien Pellen, 39 ans, vient de prendre son poste de directeur au centre de dĂ©tention d’Argentan. AprĂšs Saint-Martin (Charente-Maritime) ou CondĂ©-sur-Sarthe, oĂč il Ă©tait adjoint, il intĂšgre pour la premiĂšre fois un centre de dĂ©tention en tant que responsable.
BientĂŽt six semaines que Damien Pellen a pris possession des lieux. Il dĂ©couvre le fonctionnement et les locaux. Et pour le moment, tout se passe pour le mieux, « on ne voit pas que les locaux ont 30 ans d’exercice. Ils sont plus que convenables », affirme-t-il.

Mais cette constatation batimentaüre est en lien direct avec l’un des gros projets à venir.
Des travaux vont, en effet, avoir lieu. Des unitĂ©s de vie familiale vont ĂȘtre construites. Cela correspond Ă  de vĂ©ritables appartements sur le secteur du centre de dĂ©tention. Ils possĂ©deront chacun deux ou trois chambres et vont permettre aux de rĂ©crĂ©er une atmosphĂšre familiale
Un projet qui va permettre aux prisonniers de retrouver femme et enfant mais aussi des amis ou cousins. Et cela pendant 6 heures jusqu’à trois jours. « Ce projet concentre beaucoup d’attente de la part de la population carcĂ©rale. Ces unitĂ©s de vie familiale vont ouvrir courant 2018. »
« Sans contact, il n’y a pas d’existence »
Au-delĂ  de ces projets, le directeur doit gĂ©rer le quotidien de la prison. Son mĂ©tier, il l’apprĂ©cie beaucoup.
En tant que directeur, il faut savoir mettre les prioritĂ©s de l’établissement dans le bon sens. Impliquer les personnes qui y travaillent. Mais je suis aussi presque tous les jours dans les couloirs du centre. OĂč je discute beaucoup. Il faut aimer le contact. Sans contact, il n’y a pas d’existence

Pour exercer son mĂ©tier, le directeur l’affirme, il faut maĂźtriser « un panel de relations trĂšs important ». Savoir mĂȘler le savoir-ĂȘtre professionnel dans des rapports hiĂ©rarchiques tout en sachant entamer des discussions avec des dĂ©tenus.

Un tact toujours aussi important. D’autant plus au vu des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments de violences qui ont eu lieu au sein du centre de dĂ©tention et qui ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s au tribunal d’Argentan rĂ©cemment. Les surveillants sont souvent la cible de ces violences.
« Ce n’est pas normal d’ĂȘtre violentĂ© sur son lieu de travail. On ne doit pas lĂ©gitimer la violence. Mais, on doit l’expliquer. La personne qui est dĂ©tenue a causĂ© un prĂ©judice Ă  la sociĂ©tĂ©. Et cette transgression de la loi elle est aussi forcĂ©ment prĂ©sente en prison », explique le directeur. « C’est malheureusement inhĂ©rent au fonctionnement de la prison. »
Damien Pellen note aussi que l’une des donnĂ©es importantes de son mĂ©tier se situe dans la rĂ©introduction des dĂ©tenus dans la sociĂ©tĂ©. Et c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce niveau que le mode de fonctionnement du centre de dĂ©tention d’Argentan est un peu plus compliquĂ©.
Et cela pour une raison simple :
Ă  Argentan, le passage des dĂ©tenus est rapide. Ils ne restent qu’une partie de leur peine ici. Certains ne sont lĂ  que six mois. Nous, on doit s’adapter Ă  ce rythme pour leur procurer des formations et travailler correctement avec eux
Une chose est certaine, Damien Pellen donne l’impression d’apprĂ©cier son mĂ©tier
 Et Argentan. En effet, c’est lui qui a demandĂ© Ă  venir s’installer dans cette ville. Cependant, cette situation ne sera pas Ă©ternelle, car, comme il l’explique lui-mĂȘme, « on ne peut pas rester en poste plus de 6 ans, au maximum ». Soit quelques annĂ©es pour mener Ă  bien bon nombre de dĂ©fis.