Damien Pellen, 39 ans, vient de prendre son poste de directeur au centre de détention d’Argentan. Après Saint-Martin (Charente-Maritime) ou Condé-sur-Sarthe, où il était adjoint, il intègre pour la première fois un centre de détention en tant que responsable.
Bientôt six semaines que Damien Pellen a pris possession des lieux. Il découvre le fonctionnement et les locaux. Et pour le moment, tout se passe pour le mieux, « on ne voit pas que les locaux ont 30 ans d’exercice. Ils sont plus que convenables », affirme-t-il.

Mais cette constatation batimentaîre est en lien direct avec l’un des gros projets à venir.
Des travaux vont, en effet, avoir lieu. Des unités de vie familiale vont être construites. Cela correspond à de véritables appartements sur le secteur du centre de détention. Ils posséderont chacun deux ou trois chambres et vont permettre aux de récréer une atmosphère familiale
Un projet qui va permettre aux prisonniers de retrouver femme et enfant mais aussi des amis ou cousins. Et cela pendant 6 heures jusqu’à trois jours. « Ce projet concentre beaucoup d’attente de la part de la population carcérale. Ces unités de vie familiale vont ouvrir courant 2018. »
« Sans contact, il n’y a pas d’existence »
Au-delà de ces projets, le directeur doit gérer le quotidien de la prison. Son métier, il l’apprécie beaucoup.
En tant que directeur, il faut savoir mettre les priorités de l’établissement dans le bon sens. Impliquer les personnes qui y travaillent. Mais je suis aussi presque tous les jours dans les couloirs du centre. Où je discute beaucoup. Il faut aimer le contact. Sans contact, il n’y a pas d’existence

Pour exercer son métier, le directeur l’affirme, il faut maîtriser « un panel de relations très important ». Savoir mêler le savoir-être professionnel dans des rapports hiérarchiques tout en sachant entamer des discussions avec des détenus.

Un tact toujours aussi important. D’autant plus au vu des différents éléments de violences qui ont eu lieu au sein du centre de détention et qui ont été présentés au tribunal d’Argentan récemment. Les surveillants sont souvent la cible de ces violences.
« Ce n’est pas normal d’être violenté sur son lieu de travail. On ne doit pas légitimer la violence. Mais, on doit l’expliquer. La personne qui est détenue a causé un préjudice à la société. Et cette transgression de la loi elle est aussi forcément présente en prison », explique le directeur. « C’est malheureusement inhérent au fonctionnement de la prison. »
Damien Pellen note aussi que l’une des données importantes de son métier se situe dans la réintroduction des détenus dans la société. Et c’est précisément à ce niveau que le mode de fonctionnement du centre de détention d’Argentan est un peu plus compliqué.
Et cela pour une raison simple :
à Argentan, le passage des détenus est rapide. Ils ne restent qu’une partie de leur peine ici. Certains ne sont là que six mois. Nous, on doit s’adapter à ce rythme pour leur procurer des formations et travailler correctement avec eux
Une chose est certaine, Damien Pellen donne l’impression d’apprécier son métier… Et Argentan. En effet, c’est lui qui a demandé à venir s’installer dans cette ville. Cependant, cette situation ne sera pas éternelle, car, comme il l’explique lui-même, « on ne peut pas rester en poste plus de 6 ans, au maximum ». Soit quelques années pour mener à bien bon nombre de défis.