đŸ‡«đŸ‡· BĂ©ziers : soupçonnĂ© de meurtre, il est arrĂȘtĂ© in extremis Ă  sa sortie de prison

À quelques heures prĂšs, il aurait pu Ă©chapper Ă  la justice. Un ressortissant polonais a Ă©tĂ© mis en examen et Ă©crouĂ© le 28 octobre dernier Ă  BĂ©ziers, pour le meurtre d’une quadragĂ©naire, retrouvĂ©e morte Ă  son domicile cet Ă©tĂ©. L’homme, qui a reconnu les faits, a Ă©tĂ© identifiĂ© in extremis par son ADN, et interpellĂ© de toute urgence par les enquĂȘteurs de la brigade criminelle du SRPJ de Montpellier.

Car lorsqu’il a Ă©tĂ© identifiĂ©, il Ă©tait en cours d’expulsion vers son pays natal, aprĂšs une brĂšve incarcĂ©ration Ă  la prison de Villeneuve-lĂšs-Maguelone.

« Ca s’est jouĂ© Ă  un jour prĂšs », reconnaĂźt Yvon Calvet, le procureur de la RĂ©publique de BĂ©ziers. Le 16 aoĂ»t dernier, le propriĂ©taire d’un appartement situĂ© au 19 rue Debes, tout prĂšs du lycĂ©e privĂ© la TrinitĂ©, dans le centre-ville, se dĂ©cide Ă  appeler les pompiers. Il est sans nouvelles de sa locataire, Nora Khaldi, 49 ans. Et plusieurs habitants de ce petit immeuble s’inquiĂštent de l’odeur Ă©pouvantable qui se dĂ©gage de son logement.

À peine Ă  l’intĂ©rieur, les pompiers appellent la police. Car dans l’une des piĂšces se trouve le cadavre de la locataire, et les circonstances de sa mort sont suspectes. Le corps a Ă©tĂ© cachĂ© sous des tapis et des vĂȘtements, un ventilateur tourne, comme si on l’avait branchĂ© pour masquer les Ă©manations, et le logement a Ă©tĂ© verrouillĂ© de l’extĂ©rieur : les clĂ©s ne sont pas dans la serrure.

Une autopsie est ordonnĂ©e, qui ne permet pas de dĂ©terminer prĂ©cisĂ©ment les causes du dĂ©cĂšs de la malheureuse. Le parquet ouvre une information judiciaire pour meurtre, et saisit le 21 aoĂ»t le SRPJ de Montpellier. Pour la PJ, l’enquĂȘte est difficile : la victime vivait dans un milieu marginal, frĂ©quentant beaucoup d’individus dans le monde de la toxicomanie. Seule indication : elle a sans doute Ă©tĂ© tuĂ©e le 8 juillet, car son tĂ©lĂ©phone cesse alors d’Ă©mettre, avant d’ĂȘtre utilisĂ©, deux jours plus tard, par un autre utilisateur, qui y insĂšre une nouvelle carte Sim. Dernier souci : plusieurs objets semblent avoir Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s, mais personne n’en retrouve trace.

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Le 25 octobre, l’enquĂȘte fait un pas de gĂ©ant : l’un des ADN inconnus, prĂ©levĂ© sur la scĂšne de crime, vient d’ĂȘtre identifiĂ©.
Il correspond Ă  celui d’un SDF polonais, qui est incarcĂ©rĂ© depuis quelques semaines Ă  la maison d’arrĂȘt de Villeneuve-lĂšs-Maguelone. Et qui doit ĂȘtre expulsĂ©, avant le week-end, vers la Pologne.

Au lieu de retrouver la libertĂ©, le suspect a la mauvaise surprise d’ĂȘtre accueilli par les enquĂȘteurs de la brigade criminelle. Il est placĂ© en garde Ă  vue, et finit par avouer avoir violemment frappĂ© la victime.

« Il dit qu’une dispute a Ă©clatĂ©, car elle avait acceptĂ© de l’hĂ©berger, gratuitement, et puis elle lui a demandĂ© de l’argent » prĂ©cise le procureur Calvet. « Il dit avoir saisi un objet, et l’avoir frappĂ©e Ă  plusieurs reprises : elle serait morte de ces coups, et il aurait ensuite dissimulĂ© le corps. »

L’enquĂȘte va toutefois se poursuivre : plusieurs ADN inconnus recueillis sur place restent Ă  identifier. « Les circonstances exactes ne sont pas encore trĂšs bien Ă©tablies : on n’a que les dĂ©clarations du suspect, et les constatations mĂ©dico-lĂ©gales restent incertaines », prĂ©cise une source proche du dossier.
Midi Libre

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