– « Wesh les amis, vous ĂŞtes en direct du centre pĂ©nitentiaire de Nancy-MaxĂ©ville. Je vais faire un petit tour de la cellule avec mes codĂ©tenus. Le 1er c’est mon pote…/… comment il s’appelle dĂ©jĂ  ? »

– « Comment je m’appelle ? Ça fait 10 ans que je suis avec lui, il ne sait pas comment je m’appelle, lui ??? »

– « On est lĂ , il est minuit »

Publiée sur Youtube, la vidéo affichait ce vendredi près de 300 vues. C’est peu pour une publication en ligne depuis le 13 octobre. Mais déjà beaucoup trop pour l’administration pénitentiaire. Pendant 3’55’’, on peut y voir (et entendre) clairement trois détenus incarcérés dans la même cellule de la prison de Nancy-Maxéville.

La vidĂ©o filmĂ©e au smartphone avant d’être mise en ligne sur le cĂ©lèbre site web d’hĂ©bergement, est titrĂ©e : « SoirĂ©e VIP avec 3 dĂ©tenus de la prison de Nancy – HĂ´tel 4* selon le guide Michelin ». Visiblement, les trois hommes ne manquent pas d’humour et la bonne humeur reste de mise jusqu’au bout du tournage. Pas sĂ»r cependant que la pĂ©nitentiaire, elle, a envie de rire. Visite de la cellule, gros plan sur les biceps du « rĂ©alisateur » ; sur les deux lits superposĂ©s… 

Visiblement, la balade du smartphone semble légèrement déplaire à l’un des trois « acteurs ».

– « Vous savez pourquoi ça ne l’intĂ©resse pas de diffuser ? Une question bĂŞte ! Il n’y a que deux lits et on est trois ! OĂą dort le 3e ? La rĂ©ponse est lĂ  : contre le mur ! » Gros plan sur un matelas appuyĂ© contre un mur de la cellule et crise de fous rires.

– « Vous avez bien compris qu’on est obligĂ© de rigoler de temps en temps… On est lĂ , on se dĂ©tend… Ă€ tout de suite pour de nouvelles aventure sur CP de Nancy-MaxĂ©ville… » Et de donner l’adresse du centre pĂ©nitentiaire (CP) ainsi que son numĂ©ro d’écrou personnel pour recevoir du courrier.

– « Allez, tcho, bonne soirĂ©e ».

Contactée vendredi, en début d’après-midi, la direction interrégionale des services pénitentiaires de Strasbourg (DISP) n’avait pas eu connaissance de cette vidéo qui (re) pose la question de l’introduction des portables en détention. Des appareils de haute technologie offrant la possibilité aux détenus d’entrer en conversation avec n’importe qui et de se connecter à internet. Un phénomène qui interroge sur la sécurité des établissements.
À 16 h 30, la vidéo des « 3 VIP » était toujours accessible sur YouTube. « Elle a été tournée en mai, en détention mais diffusée en octobre, après la libération des trois détenus », assure la DISP de Strasbourg. « Quand nous avons connaissance d’une vidéo, il y a une fouille de cellule et un signalement est réalisé au parquet pour détention d’objet prohibé si l’on découvre un téléphone. Or ici, les il n’y a plus de poursuite possible. Le trio est sorti. Mais nous avons tout de même demandé le retrait de la vidéo à l’hébergeur. C’est la procédure normale en sachant qu’il nous est difficile de l’obtenir rapidement à moins d’un cadre judiciaire ».

Est républicain

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