L’opération «Déposez les armes», lancée au sein du Centre Pénitentiaire de Baie-Mahault en Guadeloupe, a permis de récupérer 52 armes artisanales, a annoncé samedi le parquet de Pointe-à-Pitre.

«Je ne faisais vraiment aucun pronostic, je suis satisfait», a déclaré à l’AFP Xavier Bonhomme, procureur de la République de Pointe-à-Pitre, à l’issue de cette initiative exceptionnelle pour lutter contre la violence carcérale.

Les 52 armes ont été déposées vendredi par des détenus aux surveillants. «En échange», les détenus se sont vu promettre «30 jours de réduction supplémentaire de peine» sous certaines conditions». «Ça s’est très bien passé», s’est félicité M. Bonhomme.

«62 détenus», répartis dans «41 cellules» sont concernés à l’issue de cette journée, par la réduction de peine.

Les examens de dossier seront plus nombreux que le nombre d’armes déposées car l’une des conditions consistait en l’«adhésion de l’ensemble de la cellule». Mais si de futurs contrôles, prévus dans le cadre de ce marché, aboutissent à la découverte d’autres armes ou de produits interdits «tout le monde perdra ses réductions», explique M. Bonhomme qui précise qu’alors «les engagements pris seront rompus et d’autres poursuites pénales seront possibles».

La CGT Pénitentiaire a dénoncé mercredi cette opération qu’elle qualifie de «n’importe quoi» et de «jamais vue» en France. «C’est inviter les détenus à fabriquer des armes», s’est indigné le secrétaire régional du syndicat, Eric Pétilaire.

Cette opération de «prévention», prévue «depuis septembre» selon le parquet, intervient quelques jours après une agression de surveillant, à la prison de Baie-Mahault. Le 17 novembre, un surveillant avait été ébouillanté par un détenu, par ailleurs armé d’un pic artisanal. Ce dernier a été condamné, vendredi, à huit années de prison supplémentaires par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, selon les médias locaux.

Trois fouilles de grande ampleur avaient eu lieu au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, en octobre 2016, mars et août 2017. 155, 199 et 75 armes avaient alors été trouvées dans ce centre qui hébergeait il y a un an quelque 700 détenus pour 450 places (chiffres du syndicat UFAP UNSA).

Libération