On ne clôture pas un campus de 16 hectares d’un claquement de doigts. La fermeture du site de l’École nationale d’administration pénitentiaire (Enap) ne sera donc effective qu’au premier trimestre de l’année prochaine. Cette étape caractérisera pour de bon l’interdiction à l’accès de la structure de formation pour ceux qui n’ont rien à y apprendre, à y enseigner et qui n’y sont pas conviés.

Déjà, des panneaux privatifs ont été disposés pour détourner les riverains du quartier qui viennent parfois profiter du spacieux parc et des installations sportives. Et qui prétend s’introduire dans les locaux doit depuis quelque temps passer outre une brigade cynophile et obtenir la délivrance d’un sésame par un des quatre réservistes en charge de la sécurité.

La clôture avant les caméras

« Ce dispositif de protection sera constitué de plusieurs portails motorisés pour l’accès des voitures. Quant aux piétons, ils seront invités à passer par des tourniquets qui seront déverrouillés par des badges, prévient Jean-Philippe Mayol, le directeur adjoint. Les locaux de formations et d’hébergement, le restaurant seront ainsi protégés. L’école avait besoin de cette sécurisation. Le grillage n’est d’ailleurs qu’une étape avant le déploiement de la vidéo surveillance. Mais rien n’est pour l’instant programmé concernant ce dernier point. »

Le coût du projet est assumé par l’Enap sur son propre budget. Cette future enceinte extérieure, de couleur verte, sera élevée à deux mètres. L’Enap est effectivement sensible par sa fonction. Et ses usagers, 1 300 élèves, formateurs, intervenants divers, restent des cibles potentielles dans le contexte terroriste actuel. D’ailleurs, au lendemain des attentats de Paris puis le meurtre d’un couple de policiers, les organisations syndicales n’avaient pas manqué de sensibiliser leur direction et demander des mesures de protection renforcées, à l’instar de ce qui se pratique pour les écoles de police et de gendarmerie notamment.

Pas faire une enclave

« Nous n’avons jamais été confrontés à des agressions ou à des actes de vandalisme, tempère le directeur adjoint, si ce n’est cet été, quand des affiches de recrutements de notre administration ont été détournées pour être sauvagement collées dans l’école et à l’extérieur. »

Avec cette opération, il ne s’agit pas non plus de faire du campus une enclave retranchée et coupée d’une agglomération où elle a toute sa place. « Ce n’est pas une façon de se replier. Les visiteurs de nos actions culturelles et les familles lors des sorties de promotions sont toujours les bienvenus. Mais plus que jamais, dans la continuité de ce que nous avons déjà mis en place, nous avons besoin de savoir qui se trouve sur le site. Et puis avec 16 hectares, les usagers ne risqueront pas de se sentir enfermés », insiste Jean-Philippe Mayol.

Sud Ouest

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