Kamil Albar est bègue et cela complique sĂ©rieusement le dialogue au tribunal de Troyes. La prĂ©sidente lui demande de s’exprimer lentement afin de pouvoir comprendre ses propos.

Kamil Albar n’est pas impressionné, agé de 45 ans, ce Franco-Turc affiche déjà 29 mentions à son casier judiciaire pour violences, vols, escroquerie sur personne vulnérable ainsi que de multiples infractions routières (conduite sans permis, délit de fuite, etc.)

Ce vendredi 8 décembre, c’est pour violences et outrages sur personnes dépositaires de l’autorité publique qu’est entendu le quadragénaire. Trois surveillants pénitentiaires.

Le 2 novembre dernier, le détenu incarcéré à la maison d’arrêt de Troyes force le passage pour s’extirper de sa cellule : «  Vous saisissez alors un surveillant par le col quand il vous demande de réintégrer votre cellule  », déroule la présidente.

L’homme rĂ©pond « C’est totalement faux. Je ne peux pas avoir fait cela, c’est incompatible avec mon handicap ».

Le 9 novembre, le détenu placé au quartier disciplinaire demande du tabac, s’impatiente, s’agace et finit par insulter et menacer de mort un surveillant, puis le directeur de la prison.

Vous le menacez en disant : « Je vais buter un de tes agents. Le premier qui passe la porte, je l’égorge. » Le mĂŞme jour, l’infirmière vient vous rendre visite et vous la recevez avec ces mots : « Casse-toi avec ton petit sourire de connasse, je m’en bas les c… de ta gueule, tu ne sers Ă  rien », relate la prĂ©sidente.

Debout dans le box, l’accusé rappelle qu’il s’est excusé auprès du directeur, reconnaît l’outrage à l’administration pénitentiaire, mais pas à l’infirmière : «  Je ne vois pas pourquoi j’aurai dit ça. Je lui ai juste dit qu’elle avait un sourire hypocrite. L’accusé nie, se pose en victime…

Me Rocher, l’avocat des trois surveillants dĂ©nonce le statut de victime de l’accusĂ© : « C’est de la faute de tout le monde. Jamais la sienne. Quand on parle de dĂ©tenus ingĂ©rables, celui-lĂ  arrive en tĂŞte de wagon. Il crĂ©e des problèmes quotidiens Ă  une administration pĂ©nitentiaire lassĂ©e. Il arrive mĂŞme Ă  se mettre Ă  dos ses codĂ©tenus. Il a changĂ© trente-six fois de cellule. Je n’ai jamais vu ça. »

« Faux », rĂ©torque l’accusĂ© qui dit avoir Ă©tĂ© « tabassĂ© » par d’autres dĂ©tenus. « Je n’ai changĂ© que treize fois de cellule.

Kamil Albar est finalement condamnĂ© Ă  dix mois de prison ferme, et devra payer la somme de 150 euros Ă  l’infirmière.

L’Est Éclair

Publicités