Je vais envoyer une équipe chez vous pour vous tuer .».C’est en ces termes que Mustapha M., détenu âgé de 30 ans, a menacé deux gardiennes de la maison d’arrêt de Bonne-Nouvelle le 6 novembre 2012.

Ce jour-là, l’homme, qui a cumulé vingt-huit mentions sur son casier judiciaire ces quinze dernières années, doit être transféré vers un centre de détention. Le détenu a du mal à quitter sa cellule, il rassemble lentement ses affaires. Alors qu’il s’apprête enfin à être emmené par son escorte, il prétexte l’oubli d’effets personnels et demande à réintégrer sa cellule afin de pouvoir les récupérer. Les membres de l’administration pénitentiaire accèdent à sa requête et le remontent. Il s’avère que la cellule est vide. Au moment de redescendre, le comportement du détenu bascule, lui qui jusque-là coopérait se met à insulter ses gardiennes et les menacer de mort à plusieurs reprises. L’homme est dans un tel état d’énervement et se débat avec une telle rage qu’il faudra sept agents pénitentiaires pour le maîtriser. Mustapha M. est poursuivi pour menace de mort et outrages. Il faudra attendre cinq ans pour qu’il soit enfin jugé.

« Un abonné aux outrages »

« Les faits sont anciens, mais vous êtes jeune, votre mémoire doit encore bien fonctionner. Que pouvez-vous nous en dire aujourd’hui ? », interroge le tribunal. « C’est moi qui suis victime. Je me suis fait violenter et insulter. Ils m’ont défoncé, ce n’était pas beau à voir. Ils savaient que j’allais porter plainte, c’est pour ça qu’ils m’ont devancé », assure le prévenu au tribunal.

« Monsieur est abonné aux outrages. Plus le temps passe, plus ces derniers sont vigoureux. Il s’est comporté d’une façon plus que déplorable avec ses surveillantes alors qu’elles avaient pris des gants avec lui et fait preuve d’une grande patience », déplore la substitut du procureur. « Les faits qui sont reprochés à Monsieur sont établis uniquement selon les déclarations de personnes faisant partie de l’administration pénitentiaire. Leurs témoignages doivent être soumis à cautions, la version de mon client doit être prise en compte », estime l’avocate de la défense. Mustapha M. est condamné à une peine de quatre mois de détention.

Paris-normandie

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