De leur cellule à la maison d’arrêt de Nanterre… à la scène de la Maison de la Poésie, à Paris. Samedi soir, cinq détenus sont montés sur les planches de cette salle du IIIe arrondissement de Paris, pour un concert public devant près de 200 personnes avec les 14 musiciens de l’orchestre Ping Machine.

Les cinq hommes bénéficiaient d’une autorisation de sortie exceptionnelle. Ils n’ont pu répéter qu’une seule fois avec les musiciens, dans l’après-midi. Sur scène, ces détenus ont lu un texte, écrit de leur main, accompagnés par la musique de l’orchestre.

Premier à apparaître face au public, Sof*, 34 ans, a bluffé l’auditoire par sa voix grave, posée, puissante. Son texte résonne comme dans un slam : « C’est comme un premier rendez-vous […] Il n’y a qu’à espérer. » Un à un, ces artistes d’un soir se relaient. Comme pour boucler la boucle, Sof est le dernier sur scène lorsque la musique cesse, après plus d’une heure de concert.

« Bravo pour votre investissement, votre courage »

Les applaudissements sont nourris. Le public se lève. Frédéric Maurin, le fondateur de Ping Machine, prend la parole : « Nous sommes très émus par ce que vous venez de faire », souffle-t-il. « Bravo pour votre investissement, votre courage. Vous pouvez être fiers de vous. Monter sur scène n’était vraiment pas évident, mais vous l’avez fait, et bien fait », embraye Flora Defolny, directrice pénitentiaire d’insertion et de probation à Nanterre.

Dès sa sortie, Sof ne masquait pas son soulagement : « J’appréhendais beaucoup. J’ai failli tomber dans les pommes (rires). Mais une fois qu’on y est, on n’y pense plus, ça déroule. On ne se sent plus détenu le temps d’une soirée. On se sent un peu artistes. »

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