Avec le refus de l’administration pĂ©nitentiaire de rĂ©aliser certaines extractions judiciaires, des comparutions et interrogatoires sont reportĂ©s.

Ce vendredi après-midi, trois juges, une procureure, une greffière, deux avocats et une victime attendent la comparution d’un faux prĂŞtre qui a roulĂ© dans la farine une paroisse toulonnaise. Mais le prĂ©venu ne viendra pas, faute d’escorte pĂ©nitentiaire.

La prĂ©sidente du tribunal ne cache pas son agacement et s’exprime :  « La parole est libre, alors je vais le dire : ce sont des combats de coqs entre le ministère de la justice et l’administration pĂ©nitentiaire. Depuis un certain nombre de semaines, il est compliquĂ© d’avoir les dĂ©tenus auprès des juridictions. L’administration pĂ©nitentiaire impose son tempo Ă  la justice. « 

depuis le 29 mai dernier. Le Var est le premier département de la région PACA à expérimenter la nouvelle organisation entièrement remise dans les mains de la pénitentiaire.

L’administration a des prioritĂ©s, les seuls dĂ©tenus Ă  ĂŞtre prĂ©sentĂ©s sont ceux qui risqueraient d’être remis en libertĂ©, si jamais la procĂ©dure n’était pas respectĂ©e.

Les agents pénitentiaires refusent d’exécuter la surveillance au sein de la juridiction. La dispute porte non pas sur le transport, mais sur la garde du détenu dans les geôles du palais de justice, dans le bureau du juge, ou à la barre du tribunal.

L’institution judiciaire attend un arbitrage au ministère de la justice… qui est aussi la tutelle de l’administration pénitentiaire (AP). Par mail, le directeur interrégional de l’AP a répondu que ses unités se voient « confier l’extraction véhiculée et armée des personnes détenues sur demande de l’autorité judiciaire, la surveillance et la présentation des détenus aux magistrats dans les palais de justice lorsqu’un dépôt de police n’y est pas répertorié ».

L’AP considère manifestement qu’à Toulon et Draguignan, elle peut déposer les détenus, qui seraient gardés par d’autres forces de l’ordre.

Var-Matin