Noël Dautel était l’un des onze surveillants pris en otage à la Centrale de Clairvaux, le 11 septembre 1992. Vingt ans après, il en garde un souvenir précis. Et ne veut surtout pas oublier cette journée.

« C’est surtout pour les copains que je ne veux pas oublier. Pour Marc Dormont, qui est mort ce jour-là… » Noël Dautel a 63 ans. Il y a 20 ans, jour pour jour, il travaillait comme surveillant pénitentiaire à la centrale de Clairvaux. Ce 11 septembre 1992 restera à jamais gravé dans sa mémoire. Durant 25 minutes, il a été pris en otage avec dix autres collègues par huit détenus armés jusqu’aux dents.

Pourtant, ce jour-là, il ne devait pas travailler. « J’avais fait un transfert de détenus la veille. J’étais rentré à 3 h du matin chez moi. Dans ces cas-là, on décroche le lendemain. Mais j’étais marqué au planning. Alors je n’ai pas cherché à comprendre. » Noël Dautel est un ancien militaire. Avant d’intégrer la pénitentiaire, il servait chez les Parachutistes. Une forte gueule, qui n’a peur de rien, ou presque.

Dans le salon de sa maison familiale de Verdun, il a sous les yeux un plan détaillé de la Centrale de Clairvaux de l’époque, qu’il a réalisé lui-même. Et commence son récit…

« À la Centrale, c’était tendu avec les détenus du bâtiment B, le quartier disciplinaire, depuis des mois. On avait fait des lettres à la direction régionale, au ministère. Mais rien ne bougeait… » Ce 11 septembre, vers 15 h 30, il est chargé d’inspecter la cour où des prisonniers doivent venir faire leur sport. Il les voit descendre. « Après coup, je me suis dit qu’ils avaient eu une attitude bizarre. D’habitude, ils ne nous regardaient pas. Là, ils me fixaient. »

Noël Dautel devait ensuite remplacer un collègue au parloir : il s’y rend. « J’arrive et le surveillant me dit que ce n’est pas la peine que je prenne sa place. Je reviens donc sur mes pas. »

« Si tu bouges, je te flingue ! » Lire la suite…