Trois dĂ©tenus ainsi qu’un surveillant Ă©taient jugĂ©s pour non-assistance Ă  personne en danger. 

Dans la nuit du16 au 17 janvier 2015, un dĂ©tenu est mort dans sa cellule, après de longues heures Ă  « comater ». Il avait volontairement pris une dose de Suboxone, ce traitement de substitution dĂ©livrĂ© aux personnes dĂ©pendantes des opiacĂ©es, c’est un de ses co-dĂ©tenus qui lui avait donnĂ©. Il avait Ă©galement fumĂ© du cannabis, et pris des psychotropes. À la ronde de 19 heures, l’œilleton de sa cellule est bouchĂ©. Comme le veut le protocole, le gradĂ© est appelĂ© sur place. Le dĂ©tenu rĂ©agit Ă  l’eau jetĂ©e sur son visage par le premier surveillant et lance un geste façon « laissez-moi dormir ». Consciencieusement, le fonctionnaire, « à la carrière exemplaire, sans faux pas », inspecte la cellule pour vĂ©rifier qu’il n’a pas pris une dose suicidaire de mĂ©dicaments : rien. Il prĂ©vient les autres surveillants qu’il va bien, mais qu’il faut quand mĂŞme être vigilant. Il vĂ©rifie dans un logiciel de l’administration qu’il ne fasse pas l’objet d’une surveillance particulière. Ă€ 5 heures du matin, son corps sans vie est dĂ©couvert.

Le procureur requiert la condamnation à dix-huit mois de prison pour le détenu ayant fournit la dose de Suboxone, pour l’homicide involontaire et la non-assistance, six mois pour les deux codétenus et six mois avec sursis sans inscription au casier judiciaire pour le surveillant.

Sur le chef de non-assistance Ă  personne en danger, le tribunal va finalement relaxer tout le monde, le dĂ©tenu ayant donnĂ© la dose de Suboxone a quant Ă  lui Ă©copĂ© d’une peine de 10 mois de prison supplĂ©mentaire. Sud-Ouest