🇫🇷 Lyon : Un surveillant pénitentiaire condamné pour des violences sur un détenu

Mercredi 19 décembre 2018, un surveillant pénitentiaire de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas était jugé devant le tribunal correctionnel de Lyon.

Le 22 juillet 2017 au matin, un détenu, qui est schizophrène, souhaite regagner sa cellule, depuis le service médico-psychologique régional (SMPR), où il avait reçu un traitement. Il se présente dans le sas qui donne sur la coursive où est située sa cellule et demande à franchir la porte. Il sonne une fois, avise le surveillant du poste d’information et de contrôle (PIC), qui lui demande d’enlever son bob, ce que le détenu fait. Cinq minutes plus tard, il se colle à la vitre du PIC, car il attend qu’on lui ouvre la porte et le surveillant tarde. Il a déjà sonné trois fois. Subitement, le surveillant arrive dans le sas et porte sa main au visage du détenu, le repousse à trois reprises et lui cogne la tête contre une porte. Puis il se place à califourchon sur l’homme désormais allongé. Plusieurs agents se précipitent ensuite vers le détenu, qui, de l’extérieur, apparaît à ce moment comme l’homme dangereux. Il est maîtrisé, soigné de trois points de suture (une plaie de 4 cm sur le cuir chevelu), et placé au quartier disciplinaire.

Le détenu finit par déposer plainte le 17 août 2017.

Ce mercredi, la présidente demande au prévenu : « Vous reconnaissez les faits ? Comment les expliquez-vous ? » Il dit qu’il a perdu les pédales. À l’officier de gendarmerie qui l’interrogeait, il avait évoqué un stress qui le tenaillait à l’époque et une frustration tenace après s’être vu refuser une mutation qui lui tenait à cœur. Le gendarme lui avait demandé s’il s’était excusé auprès de ce détenu, il avait dit que non, surtout par rapport à son surveillant, ce sont des choses qui ne se font pas.

La juge a condamné le surveillant à trois mois de prison avec sursis. Elle a accordé 200 € au détenu pour son préjudice physique et 300 € pour son préjudice moral. Dalloz