đŸ‡«đŸ‡· CondĂ©-Sur-Sarthe : « Papa risque sa vie, il est fort mais ce n’est pas un super-hĂ©ros » parole d’un enfant de surveillant

Les Ă©pouses des surveillants du centre pĂ©nitentiaire de CondĂ©-sur-Sarthe se sont rassemblĂ©es Ă©galement devant l’Ă©tablissement pour dĂ©noncer l’insĂ©curitĂ© de leurs conjoints et les craintes de leur famille. Actu.fr nous offre leurs tĂ©moignages.

HĂ©lĂšne est de tout soutien avec son Ă©poux dans le blocage du centre pĂ©nitentiaire de CondĂ©. « Il faut qu’ils aillent jusqu’au bout ! Certes, on ne les voit pas beaucoup Ă  la maison en ce moment, mais il n’y a pas le choix ! Il faut vraiment faire Ă©voluer ce mĂ©tier ! Ils ont tous une vie de famille derriĂšre et on est toutes solidaires de nos maris ! »

Caroline, mĂšre de quatre enfants se dit « attristĂ©e de voir la tournure des Ă©vĂ©nements et l’ignorance du gouvernement sur la prĂ©caritĂ© de ses troupes au sein de l’administration pĂ©nitentiaire ».

Elle regrette que les surveillants ne soient pas Ă©quipĂ©s davantage pour faire face « à des dĂ©tenus qui ont commis des meurtres, des viols et d’autres radicalisĂ©s »

« Mon mari, comme tous les surveillants, n’a rien d’autres sur lui que son pantalon d’uniforme, son polo ou pull Ă  manches longues, des rangers (achetĂ©es par les surveillants eux-mĂȘmes car celles fournies sont soit dĂ©fectueuses, soit pas rĂ©sistantes), des gants, un trousseau de clĂ©s (avec un nombre incalculable de clĂ©s) et le sifflet en plastique. Que doivent-ils donc faire pour se protĂ©ger, avec cet Ă©quipement, contre des couteaux fabriquĂ©s Ă  base de brosse Ă  dents, de lame de rasoir, ou encore contre une bouilloire, ou mĂȘme des excrĂ©ments ? »

Caroline livre son tĂ©moignage « parce qu’il faut que leur quotidien au travail soit connu ». Elle veut aussi faire entendre « la voix des familles qui s’inquiĂštent pour la sĂ©curitĂ© de leurs conjoint(e) s au travail » mais aussi « la voix des enfants de ces surveillant(e) s ».

Elle cite ses prĂ©-ados de 9 et 11 ans : « Ils me disent : « Papa risque sa vie pour garder des mĂ©chants mais il n’a pas de bĂąton, pas de gilet, pas de casque comme les policiers qui viennent pendant le blocage. Papa, il est fort mais ce n’est pas un super-hĂ©ros ». Mes enfants ont raison ! Ils ne sont pas des super-hĂ©ros. Il leur faut donc des moyens de protection (casques, gilets, armes pour les quartiers les plus durs, tonfa ou bĂąton tĂ©lescopique), des moyens de surveillance plus avancĂ©e (camĂ©ras, portiques, chiens), des conditions de travail adaptĂ©es Ă  la hauteur de la dangerositĂ© de leur mĂ©tier. »

Et Caroline de conclure : « Je suis la femme d’un surveillant et je souhaite le rester ! » En lire plus sur Actu.fr