🇫🇷 Manifestation Gilets Jaunes : La fichée S responsable de la page ACAB Land (All Cops Are Bastard) qui espionnait les policiers a été relaxée

© Page facebook : Kevin Bonkendorf Photographie

La jeune femme de 21 ans, fichĂ©e S interpellĂ©e samedi lors de la manifestation anniversaire des Gilets jaunes a Ă©tĂ© jugĂ©e en comparution immĂ©diate dans une salle d’audience bondĂ©e et survoltĂ©e.

Lors de son interpellation samedi après-midi, elle se serait jetĂ©e au sol et aurait tout fait pour entraver sa conduite vers le commissariat. Comme le relate Le Point, elle Ă©tait jugĂ©e sous le coup d’un sursis pour une prĂ©cĂ©dente condamnation datant de mai 2019. Ă€ son actif, la diffusion d’une « vidĂ©o sur la fabrication d’un engin destinĂ© Ă  attenter Ă  l’intĂ©gritĂ© physique », selon le magistrat qui a Ă©numĂ©rĂ© Ă  l’audience les six sanctions pĂ©nales figurant dans son casier judiciaire pour seize « rĂ´les » au fichier du traitement des antĂ©cĂ©dents judiciaires dont six dĂ©gradations de biens, trois participations Ă  un attroupement armĂ© et deux outrages. La jeune femme continue d’inquiĂ©ter les policiers, devenus ses cibles privilĂ©giĂ©es ces derniers mois. Elle se rend rĂ©gulièrement Ă  proximitĂ© des services de police pour y relever des informations personnelles sur les fonctionnaires qu’elle croise. Avant de les diffuser, selon la police, sur son compte Facebook « Acab Land » (pour All cops are bastards) supprimĂ© depuis.

InterpellĂ©e le 14 novembre, aux abords d’un commissariat porteuse d’un sweat sur lequel figurait la mention ACAB en grosses lettres. Elle avait Ă©tĂ© vue en train de photographier des policiers et leurs vĂ©hicules personnels. InterpellĂ©e un mois plus tĂ´t, le 15 octobre, devant un autre commissariat, en procĂ©dant Ă  son contrĂ´le, les policiers ont dĂ©couvert qu’elle faisait l’objet de deux fiches : une fiche S et une fiche I, qui lui interdit de porter ou de dĂ©tenir une arme. InterrogĂ©e, elle ne cachait rien de son activisme : elle affirmait dĂ©tenir des informations sur des fonctionnaires de police dont elle se sert pour alimenter un fichier informatique avec leur nom, prĂ©nom, adresse, photo, etc. Elle y dĂ©crit Ă©galement le comportement de chaque policier, agressif, docile, insultant. Elle prĂ©tendait garder ces informations pour elle-mĂŞme mais envisager de s’en servir le jour oĂą un gardien de la paix commettrait un acte qui justifierait qu’on rĂ©vèle de tels renseignements personnels, et ce, dans le but de nuire. Elle affirmait Ă©galement savoir qu’elle faisait l’objet d’une fiche S.

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JugĂ©e ce lundi, le procureur ne s’est pas laissĂ© attendrir par ses larmes ni par ses regrets surjouĂ©s laissant croire qu’elle en avait « marre de cette situation de poursuite judiciaire permanente » et rĂ©clamait 10 mois de prison contre la jeune femme. Les magistrats du TGI ont dĂ©cidĂ© de la relaxer, ils l’ont cru sincère. Nul doute que cette dĂ©cision risque de susciter l’incomprĂ©hension dans les rangs de la police.