🇫🇷 Chambéry : Le ton monte entre le procureur et un syndicat de la prison

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Le syndicat FO pĂ©nitentiaire de la maison d’arrĂŞt de ChambĂ©ry a eu un coup de colère qui n’est pas passĂ© inaperçu.

En effet, leur Ă©tablissement est confrontĂ© Ă  une surpopulation de 211%, le secrĂ©taire local qui est aussi premier-surveillant explique dans Le petit reporter du 73, « Qui gère les risques quand les cellules sont trop remplies ? c’est nous ! » Le fonctionnaire a alertĂ© la presse pour que l’opinion publique soit informĂ©e des conditions de dĂ©tention et des conditions de travail des surveillants. « On essaie de privilĂ©gier le dialogue avec les dĂ©tenus, mais lĂ , ça devient intenable, il y a beaucoup trop de monde alors que la loi sur l’encellulement individuel date de 2009 ! » tempĂŞte-t-il. « On a 18 nationalitĂ©s diffĂ©rentes dans l’Ă©tablissement, 4 Ă  5 confessions religieuses reprĂ©sentĂ©es, des âges et des milieux diffĂ©rents, des fumeurs et des non-fumeurs, tout ça et il ne reste que 4 matelas alors qu’on nous envoie 17 personnes en une semaine ! » Pour le syndicaliste ce surrefectif est en grande partie dĂ» Ă  la politique pĂ©nale du TGI de ChambĂ©ry, enclin Ă  pratiquer le « choc carcĂ©ral » ce qui selon lui est très dangereux. « On manque de places, et mĂŞme si on a une nouvelle Juge d’application des peines qui oeuvre pour les peines amĂ©nageables, le problème ici, stagne et l’hypocrisie du Parquet est bien rĂ©elle : sur la notice individuelle qui accompagne le dĂ©tenu Ă  son arrivĂ©e, on nous prĂ©cise qu’il doit ĂŞtre sĂ©parĂ© de ses complices, et on les envoie tous les trois dans une prison bondĂ©e ! »

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Le procureur a voulu rĂ©pondre « Le Parquet fait son travail, il fait arrĂŞter les dĂ©linquants pour assurer la sĂ©curitĂ© des concitoyens, je conteste formellement l’idĂ©e d’un « choc carcĂ©ral. » Alors, que dire de ces incarcĂ©rations « du week-end » dĂ©criĂ©es comme systĂ©matiques par le syndicat FO de la maison d’arrĂŞt de ChambĂ©ry ?  » Ce n’est pas systĂ©matique, et c’est faux de dire que ces prĂ©venus sont automatiquement libĂ©rĂ©s Ă  l’audience du lundi, » conteste le magistrat, « la procĂ©dure de comparution immĂ©diate est très rĂ©gulièrement utilisĂ©e, et lorsque la rĂ©union du tribunal n’est pas possible, que les conditions lĂ©gales l’imposent, la dĂ©tention provisoire est impĂ©rative, ce sont les textes. Comme l’explique le mĂ©dia indĂ©pendant, la rĂ©ponse au problème ne viendra vraisemblablement pas de la Justice…mais du lĂ©gislateur…