🇫🇷 Prison : Plongez dans un Quartier de Prise en charge de la Radicalisation (QPR)

Illustration wikimedia

Comment fonctionne un Quartier de Prise en charge de la Radicalisation (QPR) ? c’est ce que vous allez dĂ©couvrir dans cet article. Le journal Le Point s’est plongĂ© dans le QPR de Lille-AnnĹ“llin, dans le Nord. 

Le quartier est composĂ© de deux ailes, la droite et la gauche. Il n’y a aucune interaction possible. Il est Ă  l’Ă©cart de la dĂ©tention classique. Les dĂ©tenus sont seuls en cellule. Ils ne peuvent pas communiquer entre eux. Ils sont 10 par aile. Les surveillants qui gèrent ce quartier sont Ă©quipĂ©s de gilets pare-lame. Ils sont cinq agents Ă  chaque ouverture de cellule.

Aujourd’hui, il n’existe que quatre QPR. Ce genre de quartier a vu le jour suite aux attentats. Il en existe d’autres, les QER pour Quartier d’Évaluation de la Radicalisation, qui ont pour objectif, « la dĂ©tection, l’Ă©valuation et le suivi des personnes dĂ©tenues radicalisĂ©es ». L’administration compte 550 dĂ©tenus incarcĂ©rĂ©s pour des faits de terrorisme en France. Les trois quarts sont dĂ©jĂ  passĂ© par l’un des six QER de France.

Au terme de cette évaluation, les détenus sont orientés de trois façons différentes.

  1. L’isolement : Dans le cas oĂą les dĂ©tenus sont ancrĂ©s dans un processus de radicalisation violente et risquent de faire preuve de prosĂ©lytisme.
  2. La détention classique : Pour les détenus qui présente une « imprégnation idéologique faible ».
  3. Le QPR : Le quartier de prise en charge de la radicalisation pour une période de 6 à 18 mois.
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Pour cette dernière option, le dĂ©tenu doit ĂŞtre dans une volontĂ© de dĂ©sengagement face Ă  l’acte violent et au prosĂ©lytisme.

Dans ce quartier, ce sont les surveillants qui sont en charge d’observer les dĂ©tenus. Une Ă©quipe pluridisciplinaire est Ă©galement prĂ©sente, elle est composĂ©e d’Ă©ducateurs, de psychologues et de conseillers d’insertion et de probation.

Selon l’administration pĂ©nitentiaire, 80% des dĂ©tenus passĂ©s par le QER sont retournĂ©s en dĂ©tention classique. 5% ont Ă©tĂ© placĂ©s Ă  l’isolement et 15% ont Ă©tĂ© dirigĂ©s vers les QPR.

En 2020, 42 détenus condamnés pour des faits de terrorisme seront libérés de prison. Il y en aura 55 en 2021. Pas de quoi rassurer les surveillants pénitentiaires, la police ou encore les citoyens français.