🔴 Prisons : 50 voir 80 détenus en promenade « Que ferait la police si vous invitiez 50 amis chez vous? »

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Une communication incomprĂ©hensible et incontrĂ´lĂ©e, face au coronavirus, les personnels pĂ©nitentiaires se sentent abandonnĂ©s, dans un milieu forcĂ©ment confinĂ©, les surveillants et les directeurs de l’administration pĂ©nitentiaire dĂ©noncent le manque de prĂ©paration et une communication chaotique de la part de leur hiĂ©rarchie.

Les prisons françaises vivent une période difficile depuis que le covid-19 sévit sur notre territoire et que le gouvernement a mis en place un confinement pour ralentir sa propagation. Des syndicalistes pénitentiaires se sont exprimés dans le HuffPost, « On nous a envoyés au front avec la fleur au fusil, mais pas le fusil », dans les onze premiers jours du confinement, la consigne officielle au sein de l’administration pénitentiaire était de dire que le masque était inutile. Et interdit.

Face Ă  cette interdiction, de nombreux personnels, cadres comme surveillants, ont donc choisi de se procurer des masques et de les porter, de peur de contaminer leur famille en rentrant le soir. “On a Ă©tĂ© obligĂ©s de dĂ©sobĂ©ir Ă  notre hiĂ©rarchie”, glisse un surveillant. Des directeurs ont donc choisi d’outrepasser les directives nationales pour rassurer leurs Ă©quipes et Ă©viter que certains ne “dĂ©posent les clĂ©s”. L’un d’eux explique qu’en prison, « une fois que le virus est entrĂ©, c’est la catastrophe ».

Un surveillant explique au Huffpost que d’autres problèmes demeurent, notamment celui des promenades, qui s’effectuent encore Ă  50 voire 80 dĂ©tenus en fonction des Ă©tablissements. « Que ferait la police si vous invitiez 50 amis chez vous ? »,  « Tout ce qui s’applique Ă  l’extĂ©rieur devrait aussi s’appliquer en prison ! LĂ  on fait comme s’il n’y avait pas de covid-19… »

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Un autre Ă©voque les problèmes liĂ©s aux extractions Ă  l’hĂ´pital, plusieurs fois par jour en France, des surveillants doivent accompagner des dĂ©tenus nĂ©cessitant des soins ou des procĂ©dures mĂ©dicales. Et notamment en ce moment d’être testĂ©s pour le covid-19, ce qui peut impliquer de dĂ©ambuler dans les couloirs d’unitĂ©s de rĂ©animation. Sauf que « contrairement Ă  la police, aux hĂ´pitaux ou aux pompiers, nous on n’a pas de blouse, pas de masque FFP2. On n’a rien ». Le surveillant explique un rĂ©cent transfert, « À l”hĂ´pital, les personnels soignants ont dĂ©visagĂ© de la tĂŞte aux pieds nos surveillants parce qu’ils n’avaient aucun Ă©quipement. Rendez-vous compte: le personnel soignant a dĂ» habiller le personnel pĂ©nitentiaire… Ils ont halluciné ».

Les personnels pénitentiaires se sentent une nouvelle fois abandonnés par le gouvernement, « On est la dernière roue du carrosse de l’État. On est en temps de guerre et on ne nous écoute pas. Comme d’habitude ». « Je n’ai jamais vu cela, jamais vu ce niveau de mécontentement. Tous les collègues sont écœurés ». « Et la majorité disent que sans un geste très fort en matière de reconnaissance, d’indemnisation et de décision statutaire, ils s’en iront ». « Je pense que l’après-crise sera encore pire que la crise ».