Blois : Une infraction qui a mis un terme à une carrière exemplaire. Un gradé jugé pour avoir prêté son portable à des détenus.

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Un ancien gradé de la maison d’arrêt de Blois s’est retrouvé devant le tribunal pour avoir prêté son portable à des détenus.

Un surveillant a été accusé par plusieurs de ses collègues de violences sur un détenu ou encore d’avoir dénigré sa hiérarchie devant les prisonniers et également de leur avoir prêté son propre téléphone pour communiquer avec l’extérieur entre l’été 2015 et l’automne 2016.. Comme le relate La Nouvelle République, l’administration pénitentiaire a alerté le procureur de la République qui a ouvert une information judiciaire et saisi un juge d’instruction. Le gradé a été placé sur écoute, son compte bancaire épluché puis son domicile perquisitionné.

Lors de l’enquête, toutes les accusations sont écartées sauf celle de mise à disposition du téléphone. L’ancien gradé a d’ailleurs reconnu les faits « Ça se passait le week-end quand le service d’insertion probation n’est pas joignable. C’était pour rendre service au détenu, par exemple pour organiser un parloir, demander aux proches des vêtements ou de l’argent. » Selon lui, « Les appels se déroulaient toujours dans un bureau, en ma présence. Cette pratique existait avant mon arrivée à Blois. » Les familles interrogées par la police ont confirmé. Le gradé n’a jamais touché un centime pour cette aide.

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Pour l’ancien gradé, cette dénonciation a pour cause la jalousie de certains collègues. « Je ne m’attendais pas à subir une perquisition. Cette histoire a précipité mon départ à la retraite. Aujourd’hui, je souffre de dépression, je ne sors pas, je passe mes journées dans le canapé à regarder à la télé. » Le procureur reconnaît que la carrière du surveillant « s’est parfaitement déroulée à 99,9 %. » « Mais vous savez parfaitement pourquoi l’accès au téléphone est très contrôlé en particulier pour les prévenus en détention provisoire afin de ne pas perturber les investigations et éviter les pressions. Il n’y a pas eu de corruption, vous étiez animé de bonnes intentions, mais l’infraction est constituée. Je requiers un avertissement solennel sous la forme d’une amende avec sursis. »

Le tribunal a constaté la culpabilité de l’ancien gradé, âgé d’une soixantaine d’années, mais l’a dispensé de peine.