Angers : l’impossible reconduite à la frontière de l’homme qui a violé une étudiante de 20 ans

©️Stéphane Bommert

Déjà condamné en France à six reprises dont trois pour des délits sexuels, un trentenaire faisant l’objet de deux mesures judiciaires d’interdiction de territoire français ne sera pas expulsé.

Lundi 31 août, une étudiante de 20 ans était violé en plein centre-ville d’Angers par un récidiviste faisant l’objet de deux mesures d’interdiction du territoire. Mais celles-ci n’ont pas pu être exécutées.

La jeune femme avait été surprise chez elle après sa première journée de cours. Elle avait été violée et séquestrée pendant trois heures. Elle avait aidé les enquêteurs à retrouver son agresseur grâce à sa description et aux traces d’ADN laissées sur ses vêtements.

L’agresseur, Erjan Ibrahimi, 32 ans, sera interpellé le lendemain du viol. Il sera placé en garde à vue et mis en examen puis placé en détention provisoire.

Il a déjà condamné trois fois pour des faits de nature sexuelle, entre autres. En 2018 et 2019, il a été condamné à des interdictions de territoire français pendant cinq ans. Mais la France se retrouve dans l’impossibilité d’exécuter les condamnations.

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« M. Ibrahimi, démuni de document officiel, s’est déclaré de nationalité kosovare mais le Kosovo ne l’a pas reconnu comme l’un de ses ressortissants », indique la préfecture du Maine-et-Loire au journal Ouest-France. « La Serbie et la Macédoine ont également été saisies et ont répondu négativement. En l’absence de pays acceptant de l’accueillir, il n’a pas été possible de mettre à exécution la décision judiciaire.« 

« Il est né en 1987 dans un pays qui s’appelait la Yougoslavie« , rappelle le procureur d’Angers, Éric Bouillard. « Il n’est pas facile de reconduire des personnes dans des pays en guerre ou qui l’ont été. C’est pareil pour l’Érythrée. Le Vietnam ne répond parfois pas du tout.« 

La seule solution en attendant de trouver une solution, était d’assigner à résidence l’individu dans un hôtel, avec un pointage au commissariat.