Gendarmes tués dans le Puy-de-Dôme : L’ex-épouse du tueur témoigne et explique avoir lancé des dizaines d’alertes

© Kevin Bonkendorf Photographie

Après la tuerie perpétré par Frédérik Limol, l’homme qui a tué trois gendarmes par balle à Saint-Just, dans le Puy-de-Dôme, son ex-femme décrit le profil du père de son enfant, qu’elle craignait.

Frédérik Limol avait été « déchu de l’autorité parentale » lors du divorce, ce jour-là il ne s’était même pas présenté. Comme le relate Actu17, il avait tout de même le droit de venir voir son enfant, qui est aujourd’hui âgé de 7 ans, et se présentait parfois n’importe quand, avec sa compagne et ses parents, mais également avec un huissier, comme ce fut le cas le dimanche avant le drame précise son ex-femme.

Le jour de la tuerie, alors que Frédérik Limol était recherché, elle avait été mise en sécurité par les policiers avec son mari et ses enfants. Elle explique avoir déposé des plaintes pour menaces de mort à l’encontre de son ex-mari et qu’elles avaient été classées sans suite. « J’avais lancé des alertes, des dizaines ! Je savais qu’il était dangereux ». Elle explique qu’il a basculé en 2012, alors qu’elle était enceinte de leur fils. Frédérik Limol qui a fait Maths Sup/Math Spé et a intégré une grande école d’ingénieur, s’est alors « inscrit à des stages de survie, a acheté des armes ». « Quand j’ai accouché, il m’a donné une radio militaire, pour que l’on puisse communiquer en cas de fin du monde ».

Elle affirme également qu’elle était victime de violence, qu’il avait essayé de l’étrangler et qu’elle était parvenue à s’enfuir. « J’ai alerté la police, la gendarmerie, l’aide sociale à l’enfance, j’ai même écrit à Marlène Schiappa », qui était à ce moment-là secrétaire d’État en chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes. « Rien n’a été fait. On m’a dit à chaque fois qu’il allait certainement se calmer », déplore Carole. « En réalité, je croyais qu’il nous tuerait nous. Je ne pensais pas m’en sortir. Mais surtout, je ne pensais pas que des innocents allaient mourir ». « Je me sens coupable. Il y a cinq orphelins aujourd’hui, et si j’avais pu me faire entendre, on n’en serait pas là ».