Nîmes : Harcelée pendant plus d’un an, une policière a vécu l’enfer

© SICoP - Police nationale Twitter : @PoliceNationale

Deux femmes ont été condamnées ce mardi 2 février par le tribunal correctionnel de Nîmes pour harcèlement. La photo, le nom et prénom d’une policière avaient été diffusés sur la place publique.

Les deux sœurs ont été condamnées à 6 mois de prison avec sursis et devront payer plus de 5.000 euros de dommages et intérêts à la policière relate le journal ObjectifGard.

« Vous êtes des personnes malfaisantes et dangereuses. Cette femme, cette policière exemplaire a été victime de persécutions de votre part. Il s’agit d’une traque ignoble. Elle a vécu l’enfer, mais au fond ça vous fait plaisir car cela fait des années que cela dure« , plaide maître Isabelle Mimran, conseil de la policière, en s’adressant aux deux prévenues présentes lors des débats à l’audience.

« Des gens ont crié lors d’une manifestation le nom et le prénom de cette policière en réclamant la peine de mort pour elle », avait au préalable résumé le président du tribunal correctionnel, Jean-Pierre Bandiera.

La policière a fini par déposer plainte. Au tribunal, elle explique qu’elle faisait plusieurs fois le tour des ronds-points afin de s’assurer qu’elle n’était pas suivie en rentrant chez elle. « Au départ je n’ai rien dit car je pensais qu’il s’agissait d’une colère passagère. Mais je me suis rapidement rendu compte que c’était un écharnement à mon égard », explique posément l’enquêtrice expérimentée de la police judiciaire.

Ce harcèlement a duré plus d’un an, de novembre 2016 à décembre 2017. Tout commence après la découverte d’un corps calciné sous un pont SNCF de Nîmes en septembre 2016, celui d’un homme originaire de la ZUP. Une affaire criminelle qui va cristalliser la haine de la famille de la victime. La raison : une enquêtrice de la police judiciaire habitait il y a plus de 20 ans dans le même village qu’un homme proche de celle qui va s’accuser du meurtre ! La policière n’aura qu’un rôle mineur dans l’enquête criminelle. Mais les soeurs du défunt engluées dans leurs peines ont imaginé que la policière pourrait être complice de la séquestration de leur frère rapporte le journal local.

Des élucubrations qui ne reposent sur rien, qui ne sont corroborées par rien. Elles ont jeté en pâture cette policière, estime la substitut du procureur », Julia Salery.

On ne peut pas s’acharner comme vous l’avez fait sur une personne pour cicatriser son propre chagrin. Vous n’avez même pas un commencement de preuve, mais vous l’attaquez, vous l’accablez, vous rendez sa vie professionnelle mais aussi personnelle impossible. C’est une horreur ce que vous lui avez fait vivre », complète la représentante du parquet de Nîmes qui a réclamé 8 mois de prison avec sursis contre chacune des deux soeurs.

« On nous a dit de respecter la justice, de déposer plainte, de faire des signalements. Nous l’avons fait mais nous n’avons jamais de réponse de la justice », estime une prévenue. « Personne ne répond à nos courriers. On a encaissé et vécu comme une énorme injustice le fait que les assassins de notre frère soient remis en liberté », ajoute l’autre soeur. « Des dysfonctionnements, il y en a eu beaucoup », poursuit-elle.

Les deux soeurs ont été sanctionnées, mardi 1er février, par le tribunal correctionnel de Nîmes pour le harcèlement de la policière respectivement à 6 mois et 8 mois, une condamnation assortie pour les deux du sursis.