Procès du saccage de l’Arc de Triomphe en 2018 : Le bouleversant témoigne d’une femme de policier. ‘Il croyait mourir ce jour-là »

Dix personnes sont jugées à partir de lundi à Paris pour le saccage de l’Arc de Triomphe pendant la manifestation de « gilets jaunes » le 1er décembre 2018.

Tout le monde se souvient de cette journée lors de l’acte 3 des Gilets-Jaunes à Paris. On assistait en direct au saccage de l’Arc de Triomphe mais également au lynchage des forces de l’ordre déployées sur le terrain, en manque d’effectifs et de moyens.

Dix personnes sont jugées lundi 22 mars au tribunal judiciaire de Paris. Certaines pour dégradations. D’autres pour vol avec effraction. Même si les principaux instigateurs n’ont pas été retrouvés.

L’occasion pour Perrine, femme d’un policier engagé sur le terrain ce jour-là, de revenir sur cette journée d’enfer, ancrée dans sa mémoire. Dans un message posté sur les réseaux sociaux, elle revient sur ses angoisses et sa peur de ne jamais revoir son compagnon rentrer à la maison.

« Pour moi, ce premier décembre demeurera une journée d’enfer ancrée dans ma mémoire. Une journée d’angoisse devant ma télé à chercher dans les images d’info continue, sous les projectiles en tout genre et la fumée noire des incendies volontaires, mon compagnon. Engagé depuis tôt le matin sur les Champs-Elysées, il grimpe avec quelques collègues, les marches de l’Arc-de-Triomphe vers les 20h00 pour y déloger les casseurs.

Échappant de peu aux pavés qui pleuvent. Des collègues s’écroulent au sol, pris à partie, les coups pleuvent. Pendant que les forces de l’ordre se voient mourir dans ce déchaînement de violence, la République vacille.

Mon compagnon rentre vers les coups de 23H00. Voilà presque 15 heures qu’il est engagé sur cette « manifestation ». Sans pause, sans avoir eu le temps de s’alimenter. Il rentre, entier malgré une blessure à la cheville après avoir évacué une dizaine de collègues plus grièvement blessés. «J’ai cru que j’allais mourir».

Il a le regard dur, la mâchoire crispée, le visage rougi par l’adrénaline, la fumée des barricades et les nuages de gaz lacrymogènes inefficaces face à des individus avinés. Déterminés à buter du flic et fouler du pieds notre République en se prétendant révolutionnaires.

Ce premier décembre 2018, troisième acte des Gilets-Jaunes. J’ai découvert ce que c’était que d’être une famille qui tremble pour la vie d’un uniforme. »