Emeutes de Beaumont : Quatre individus jugés pour tentative de meurtre sur les gendarmes, dont le frère d’Assa Traoré, Bagui

Illustration © Kevin Bonkendorf Photographie

Le 19 juillet 2016, des tensions ont éclaté, quelques heures après le décès d’Adama Traoré. Pendant trois nuits, la gendarmerie de Persan dans le Val-d’Oise et de Beaumont-sur-Oise vont être la cible de tirs de mortiers d’artifice et de feux de poubelles.

Une école maternelle sera également incendiée ainsi que la mairie. Durant les trois nuits d’émeute, les gendarmes et les policiers venus en renfort essuieront des jets de projectiles mais plus grave encore des tirs d’armes à feu.

Quatre individus seront interpellés, donc Bagui Traoré, le frère d’Adama. Âgés de 29 à 39 ans, ils comparaissent devant la cour d’assises ce lundi et pour une durée de trois semaines pour tentative de meurtre en bande organisée sur personne dépositaire de l’autorité publique.

Une femme, l’ancienne compagne de Bagui Traoré sera elle, jugée pour complicité.

A l’issue de l’instruction, pourtant, le caractère criminel des faits n’avait pas été retenu, les magistrats préférant les renvoyer devant le tribunal correctionnel pour des violences aggravées. La chambre de l’instruction de la cour d’appel en a finalement décidé autrement, estimant que les gendarmes et les policiers ne devaient leur intégrité physique qu’à leur équipement comme l’explique le journal 20 Minutes.

« Nous n’étions pas dans un cadre d’émeutes classiques, insiste Me Caty Richard, qui défend 15 gendarmes parmi la centaine qui s’est constituée partie civile. On ne parle pas seulement de tirs de mortiers mais de gens qui ont été pris pour cible avec des armes létales. Ils ne pouvaient pas savoir avec quoi elles étaient chargées. » Au cours de ces trois soirées de violences, plusieurs tireurs munis d’armes longues ont tiré, depuis le toit d’un immeuble ou dissimulé dans des bosquets, sur les forces de l’ordre. La situation est si tendue que les familles de gendarmes qui logent dans la caserne sont évacuées. Et si les blessures ne sont que superficielles, le stress post-traumatique, lui, est fortement ancré. Difficultés à dormir, hypervigilance, angoisses… L’un d’eux a même quitté la gendarmerie.

Bagui Traoré apparaît dans cette affaire comme le « donneur d’ordre »

« Ces accusations sont totalement farfelues, déplore de son côté Me Frank Berton, l’un des avocats de Bagui Traoré. Mon client est en détention provisoire depuis 4 ans et demi, accusé d’avoir voulu tuer près de 70 gendarmes alors même qu’il n’y a aucun blessé dans ce dossier. »

Mais il a été mis en cause par un de ses co-accusés le désignant comme le « donneur d’ordre », et différentes écoutes téléphoniques font référence à sa participation aux émeutes.