Poitiers : Interpellé pour conduite en état d’ivresse, un jeune homme de 28 ans se suicide au commissariat

Kevin.B @Commons.Wikimedia

Un jeune homme de 28 ans qui avait été interpellé après une conduite en état d’alcoolémie à Poitiers a été ramené au commissariat de Poitiers. Il a été retrouvé pendu avec ses lacets à la grille d’une petite fenêtre ce mardi 6 juillet 2021 dans les locaux de police. Une enquête a été ouverte.

« Il y a eu pas mal de monde cette nuit au commissariat » explique une source policière. Plusieurs interpellations et notamment des conduites en état d’ivresse. À chaque fois, la même procédure est appliquée. En attendant de pouvoir aller au centre hospitalier effectuer les prélèvements sanguins confirmant l’alcoolémie et de procéder à l’examen médical, la personne est placée dans un local de rétention.

Cet homme était le quatrième de la série ce soir-là qui devait aller au CHU. Quand les policiers sont venus le voir, « il était adossé au mur du local, assoupi. Ils sont ensuite repartis pour emmener une personne au CHU. Quand ils sont revenus… ils l’ont trouvé pendu. Il n’y avait plus rien à faire. Tout le monde était très choqué. »

Le jeune homme décrit comme adossé au mur semble avoir réussi à attacher ses lacets au grillage de la fenêtre sans attirer l’attention. Il avait été interpellé vers 22h30. Son décès a été constaté vers 3h30 du matin.

Une enquête a été ouverte. Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Poitiers et à l’Inspection générale de la police nationale.

« Mes premières pensées vont à la famille. J’apporte aussi tout mon soutien aux collègues qui travaillaient cette nuit. Nous avons demandé une cellule psychologique pour libérer la parole. Les collègues ont respecté la procédure », explique Alain Pissard, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police.

« C’est une personne qui a fait l’objet d’une notification différée de ses droits. Le problème, la nuit, c’est qu’il n’y a plus de médecin pour venir au commissariat. On doit emmener les personnes au CHU pour l’examen médical avant de pouvoir leur notifier leurs droits. Et, il n’y a qu’une patrouille pour faire les rotations. Lui, c’était le quatrième et dernier. Quand les collègues ont vu qu’ils dormaient, ils l’ont laissé tranquille. Il avait fait l’objet d’une palpation avant, on leur laisse les lacets quand ils doivent aller à l’hôpital, c’est plus pratique pour marcher.«