Prison de Mulhouse : 600 policiers, gendarmes et surveillants pénitentiaires mobilisés cette nuit dans la prison pour une opération sous haute tension

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L’opération a été tenue secrète jusqu’au dernier moment. Dans la nuit de mardi à mercredi, 323 détenus de la prison de Mulhouse ont été transférés vers le nouveau centre pénitentiaire de Lutterbach, en périphérie de la ville.

Peu avant 21 heures, ce mardi, les premiers bus pénitentiaires ont acheminé les détenus vers le nouveau centre pénitentiaire alors qu’on pouvait entendre crier aux fenêtres de la vieille prison de Mulhouse. Le trajet pour atteindre le nouveau centre pénitentiaire était de dix kilomètres. Mais cette mission était sérieuse.

Pour transférer les 323 détenus, en une nuit, il aura fallu 350 policiers et gendarmes ainsi que 250 surveillants Pénitentiaires dont les agents de l’ERIS ( équipes régionales d’intervention et de sécurité).

« L’objectif que nous nous sommes fixé est que (mercredi) matin, la maison d’arrêt de Mulhouse soit fermée officiellement et que, parallèlement, le centre pénitentiaire de Lutterbach soit mis en service », a expliqué Hubert Moreau, directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Est.

Un tel transfert n’avait pas eu lieu depuis plusieurs années, le centre pénitentiaire de Lutterbach étant la première prison à ouvrir sous le quinquennat d’Emmanuel Macron.

des petits incidents ont éclaté en début de soirée. « Les détenus ont voulu un peu marquer le coup avant que l’opération ne commence, on a vu des mèches enflammées jetées par les cellules et du tapage sur les portes et les fenêtres », a indiqué Hubert Moreau.

Un détenu a été hospitalisé après s’être blessé explique également le directeur Interrégional.

Le centre pénitentiaire de Lutterbach a été bâti en 18 mois. Avec un budget de construction 100 millions d’euros. Achevé en juin 2021, il a tourné « à blanc » jusqu’à cette nuit.

« On a testé l’établissement à grandeur réelle, en procédant à des simulations. (…) On a simulé des mouvements collectifs, des refus de réintégration (en cellule), des prises d’otages, des tentatives d’évasion », a expliqué M. Moreau.

L’une des spécificités de cette prison qui se veut un « pilote » pour les constructions à venir, est la présence de deux « quartiers de confiance » qui accueilleront 80 détenus avec des espaces de vie communs et l’absence de barreaux aux fenêtres.