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Charente-Maritime : Huit ans de prison pour la gendarme qui avait fait feu sur son compagnon

© Kevin Bonkendorf Photographie

“C’est pas la gendarme qui a tiré. C’est moi, une femme en souffrance depuis trois ans et demi”.

C’est ainsi que Sandrine Grand, ex-adjudante en chef et adjointe du commandant de la brigade territoriale de Versailles, dans les Yvelines, a expliqué son geste. Comme le relate Le Parisien, cette mère de famille de 53 ans était jugée depuis ce lundi devant la cour d’assises de Charente-Maritime pour tentative de meurtre par conjoint.

“Je n’ai jamais été en colère comme ça” 

Le 8 novembre 2019, une dispute éclate avec son compagnon, Grégory Calluccio. Lui aussi militaire et chauffeur d’autorité à l’école de gendarmerie de Rochefort. L’homme est alcoolisé et menace de rompre, il insulte les deux enfants de l’accusée qui dégaine son arme. Elle tire à cinq reprises, le touchant à la tête, au thorax, à la fesse et aux lombaires. “Pour qu’il se taise, pour qu’il arrête. Je n’ai jamais été en colère comme ça”.

Comme explique l’avocat de Grégory Calluccio “Il ne parle plus ni marche, ni mange correctement. Il n’a plus de vie sociale et se trouve dans une dépression profonde”. Camarade de promo, Sandrine Grand avait repris contact avec Grégory Calluccio quelque temps après le suicide de son mari CRS, Xavier Merlin, en novembre 2015.

Comme l’a expliqué l’accusée, s’en était suivie une “relation tumultueuse faite de ruptures et de réconciliations”. Même s’il n’y a jamais eu de violence physique, elle essuyait continuellement reproches et injures. L’avocat de Sandrine Grand a plaidé, “Grégory Calluccio en a fait sa chose : un jour il l’aime, un jour il l’a méprise. Mais elle a tout fait pour que ça marche. Sinon, elle s’effondre », en partageant aux jurés le verbiage cruel et « la turbine à insultes » utilisés par le gendarme. 

“Nous avions tout pour être heureux, j’avais besoin d’amour” a confié l’ex gendarme aux jurés. “Je sais que Grégory doit souffrir. Je n’aurais pas dû en arriver là et lui demande pardon. J’imagine très bien qu’il ne me pardonnera jamais”. L’accusation réclame 13 ans de prison, le tribunal condamne finalement Sandrine Grand à 8 ans de réclusion criminelle. La cour a décidé de requalifier les faits en violences avec arme ayant entraîné une infirmité.

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